Les lycéens ne désarment pas. Ceux de Valence appellent à un rassemblement Mardi à 13h 30 pour maintenir la pression et réclamer le retrait des 11 200 suppressions de postes prévus dans l’éducation nationale à la rentrée prochaine. On aurait tort de prendre ce mouvement à la légère et de le considérér comme un prurit printanier. Au-delà, en effet, des suppressions d’emplois qui en est la face la plus visible, la réforme qui se profile pour l’enseignement secondaire touche à quelque chose de plus fondamental encore qu’à une amputation des moyens d’encadrement. Le Président de la République l’a dit en une phrase lors de sa dernière apparition télévisée : Nous ne supprimons pas des postes, nous faisons une réforme qui conduit à des suppressions de postes.
De quoi s’agit-il ? De rien moins que de changer la nature même du système et de généraliser la logique de concurrence à tous les degré de l’enseignement. Pourquoi, dans une logique néo-libérale qui prétend que les lois du marché peuvent tout résoudre, l’éducation échapperait-elle d’ailleurs à cette logique ?
On aboutira à des effets pervers. La suppression de la carte scolaire et la liberté d’inscrire ses enfants dans l’établissement de leur choix reconnue aux parents aboutira nécessairement à une inversion radicale du propos. Ce seront in fine les établissements qui choisiront leurs élèves parmi tous ceux qui demandent une inscription, au moins pour les plus demandés d’entre eux. Les chefs d’établissements deviendront des chefs d’entreprise aux pouvoirs accrus, sélectionant les élèves, recrutant et rémunérant les personnels " au mérite ". Le démantèlement du cadre national deviendra effectif au nom d’une adaptation de l’école aux besoins de l’économie locale et on privilégiera la logique de la contractualisation dans la détermination des moyens accordés aux établissements… Ainsi, les mesures présentées comme devant donner plus de liberté aux familles et plus d’efficacité au système aboutiront inévitablement à plus d’injustice et plus de sélection.
il y a là un vrai enjeu pour l'avenir. Les lycéens l'ont compris.