J'ai voté ce soir la délibération portant création d'une place du 19 mars 1962.
L'an passé j'écrivais sur ce blog : Le 19 mars 1962, à midi, prend officiellement effet un cessez-le-feu qui met fin à huit ans de guerre en Algérie. Le 8 avril 1962, un référendum en métropole ratifie la décision du gouvernement du général De Gaulle avec plus de 90% de Oui. Les Algériens, quant à eux, doivent se prononcer pour l'indépendance de leur pays le 1er juillet 1962 et la proclamation officielle de celle-ci est fixée au 3 juillet 1962.
De 1954 à 1962, la guerre non déclarée d'Algérie a mobilisé deux millions de jeunes Français. Elle a fait au total 25.000 tués chez les soldats français ainsi que 2.000 morts de la Légion étrangère, un millier de disparus et 1.300 soldats morts des suites de leurs blessures. Environ 270.000 musulmans algériens sont morts du fait de la guerre sur une population totale de dix millions d'habitants .8.000 villages ont été incendiés, un million d'hectares de forêts détruits et 2,1 millions de musulmans transférés dans des camps de regroupement. Selon les chiffres avancés par l'historien Charles-André Ageron 50.000 harkis, supplétifs algériens de l’armée française, ont été massacrés dans les semaines qui ont suivis la proclamation du "cessez-le-feu". En quelques mois, entre la fin du printemps et septembre 1962, 900 000 Français et Européens durent quiter le pays dans une situation de chaos et un mouvement de désespoir.
Une méditation s’impose sur cet épisode de notre histoire nationale.
Ce soir j'ajoute :Créer une place du 19 mars 1962, ce n’est insulter personne. C’est inviter à cette méditation sur cet épisode. C’est rappeler un moment important de notre histoire nationale avec toutes les ambiguïtés et les contradictions qui sont celles de tout moment historique. C’est inviter nos concitoyens et nos jeunes à conserver mémoire de tout ce que porte cette date : le cessez le feu, la fin de l’utilisation du contingent dans un conflit hors du territoire national, le drame des pieds-noirs , le martyr des harkis… Cela doit se faire, dans la vérité, la sérénité, la dignité, et le respect.