" Votre troupe ne fait pas partie de nos priorités culturelles " vient d’annoncer la municipalité à la directrice fondatrice. La subvention de fonctionnement est retirée. La troupe est désormais indésirable à la chapelle des Carmes qui était mise à sa disposition jusqu’ici. Dix spectacles programmés sont annulés. 33 ans de coopération ville/troupe s’achèvent.La faute du " Théatre du Fust " ? Lors des dernières municipales, sa directrice a soutenu la liste opposée au maire sortant réélu ! Il est difficile de caractériser la décision du maire, F. Reynier et de son adjoint à la culture, J.B Orset-Buisson tant on hésite entre les qualificatifs de stupide, grotesque et d’ignoble.
Montélimar a la chance d’avoir dans ses murs, depuis 1975, " Le Théatre du Fust ", théatre de marionettes de renommée nationale et internationale. Deux fois nommée aux Molères, régulièrement présente au festival d'Avignon, cette troupe s’est vu offrir la comédie Française pour présenter ses spectacles. C'est la première fois que la marionette entrait dans le temple du théatre national !
Commentaire
la culture en danger à Montélimar
1 – les faits.
J'ai pris acte de la décision de la municipalité de Montélimar de supprimer la subvention attribuée annuellement au Petit Théâtre du Fust (Emilie Valantin) et de ne plus autoriser l’accès des locaux des Carmes aux membres de ce Théâtre.
Ainsi cette troupe, reconnue et respectée au plan national et international pour ses qualités artistiques et ses manifestations originales, va devoir se trouver un lieu d’accueil et de travail alors même qu’elle vient de se produire à
Française
et que son cahier des charges est bien rempli pour les mois à venir. Déjà des dizaines de protestations se font jour pour dénoncer cette décision, stipulée dans un courrier adressé à Emilie Valantin par « l’adjoint à la culture » A.B. Orset.
2 – l’explication.
Lors de la récente campagne électorale pour les élections municipales de Montélimar, Emilie Valantin avait, à titre personnel, soutenu la liste concurrente de celle du maire, Franck Reynier. Acte citoyen banal et heureux car il résume tout l’intérêt que porte une citoyenne, pétrie de Culture, pour le devenir et les mutations culturelles de sa cité. Quel citoyen un peu célèbre ou en vue ne le fait pas ?
, la vraie, est hors du temps électoral. On pourrait établir un recensement des soutiens électoraux similaires au profit de la liste du maire actuel, mais il est vrai que les référents n’appartiendraient pas aux mêmes domaines !
3 – le jugement.
Deux qualificatifs viennent à l’esprit après l’analyse de cette décision : stupide et grotesque.
- stupide car étant donnée la réputation intellectuelle de la troupe du Petit Théâtre du Fust, les propositions d’accueil de cette troupe vont être nombreuses de la part de municipalités et d’adjoints à
autrement plus sensibles et autrement plus ouverts à l’art populaire que ne semblent l’être le conseil municipal montilien et, en particulier, son adjoint à la culture.
Montélimar disposait avec cette troupe d’une notoriété internationale ; elle l’aura perdu stupidement. Restera le nougat !
- grotesque car il s’agit, en la circonstance, d’un acte gratuit d’autoritarisme et d’ostracisme . Acte qui au plan culturel n’a aucun fondement et qui ne peut qu’exprimer la hargne vengeresse de cette majorité municipale qui entend commémorer[1] plus que créer. Et que dire de l’instrumentalisation de cet ancien « socialiste » A.B. Orset si prompt à réaliser les tâches obscures de ses nouveaux maîtres? Faute politique donc ! Et donc fatale à terme à ces gestionnaires à l’esprit étriqué, car faute devenue incompréhensible à la plupart des montiliens et des amoureux de l’art. Cela ne grandit certainement pas ceux qui en sont les auteurs et en particulier l’adjoint à la culture qui, à défaut de « révolver »[2], a sorti contre le Petit Théâtre du Fust son carnet de contraventions pour stationnement illicites et non respect du « politiquement correct ».
[1] Commémorer : action par laquelle un pouvoir, une autorité sélectionne arbitrairement des faits historiques au détriment d’autres faits et en organise la promotion culturelle afin d’imposer une certaine vision de l’Histoire. Commémorer n’est pas célébrer.
[2] En référence à l’expression du personnage d’une pièce de théâtre de Hans Johst jouée le 20 avril 1933 : « quand j’entends le mot culture, j’enlève le cran de sûreté de mon Browning ». Cette phrase est devenue célèbre dans la bouche de Baldur von Schirach en 1933 sous une forme contractée : « quand j’entends le mot culture, je sors mon révolver ».
J'ose le mot : quelle bande de guignols !
(je n'ai pas la citation exacte)
Valentinois, Drômois, signez la pétition de soutien à Emilie Valantin sur :
http://www.petition-fust.org/?petition=2
Merci à tous!
Et si Valence accueillait le théâtre du Fust ?
Serge d'Agostino
j'avais eu des échos de cette décision. C'est un véritable scandale. Les deux décideurs que tu nommes ne méritent que notre mépris. Mais quid de l'avenir du Fust ?
Cordialement