Le 13 mai 1968, après les violences de la nuit du 10 au 11 à Paris, la CGT et la CFDT déclenchent la grève générale et appellent les ouvriers à rejoindre les étudiants qui manifestent depuis le début du mois. Une foule de 800 000 à 1 000 000 de personnes (170 000 selon la police) envahit les rues de Paris aux cris de "10 ans, ça suffit !", allusion au dixième anniversaire du retour au pouvoir du général de Gaulle.
Ce même jour, à Grenoble, la manifestation est la plus imposante qu'on ait jamais vu dans cette ville (paraît-il). Le Président de l'Association Générale des Etudiants (UNEF) conduit une délégation intersyndicale à la préfecture. Sans complexe, fort des dizaines de milliers de manifestants qui sont dans les rues, il déclare au préfet et au recteur qui, quelques jours plus tôt (ils étaient 5 à 6 000), l'avaient pris à la légère : je vous avez dit que nous ne reviendrions pas seuls. Il s'appelait Gérard Bouchet : sa barbe et ses cheveux étaient moins blancs qu'aujourd'hui !

Place de Verdun - Grenoble le 13 mai 1968- Les responsables SNES-CGT-CFDT-UNEF-SNESup .Gérard Bouchet est le troisième en partant de la gauche. Le 4èm est le secrétaire départemental de la CFDT, le 6èm celui de la CGT (Pierre Lamy). L’homme au chapeau, au fond à droite, est le commissaire de service.
"Dix ans ça suffit" et "La France s'ennuie", deux slogans à réactiver de nos jours! Je propose : "Un an ça suffit" et "La France se meurt".
Et même si l'Histoire ne se répète pas, "il ne faudra jamais désespérer de "Billancourt" (oui, je sais, les cyniques diront "Billancourt" n'existe plus...mais des lieux de mémoire, il en reste encore et non des moindres!)".