Nous l’avons dit dans toutes nos réunions électorales, les marges de manœuvre de la nouvelle équipe municipale seront limitées par deux boulets : la nécessité de terminer et de financer l’aménagement des boulevards et l’obligation de conduire le chantier du musée engagé dans des conditions financièrement hasardeuses par les sortants. Le débat qui s’amorce sur le sort de ce projet de rénovation vient légitimer le propos. (voir DL du 13 et du 16 avril)
Le maire a tout à fait raison de reprendre une copie mal préparée. C’est son devoir de le faire. Mais à la question posée par le journal : " Et si le nouveau musée restait dans les tiroirs ? " la réponse est forcément : non et c’est bien en cela, dans cette " contradiction " entre la nécessité de reprendre la copie et l’obligation d’en rendre une, que réside tout le problème.
La rénovation du musée a en effet déjà coûté 1.362.000 euros : construction des nouvelles réserves. (A quoi il faut ajouter le coût du déménagement des collections). Les honoraires d’architectes sont d’ores et déjà dûs. Un renoncement au projet entraîenerait, par ailleurs, des indemnités de dédommagement. Les bâtiments sont vidés de leur contenu et devront de toute manière être entretenus. Les collections stockées dans les réserves devront être, un jour ou l’autre, redéployées dans des locaux nouveaux. Tout retard pris dans la planification annoncée coûtera forcément de l’argent.….Il est donc hors de question de renoncer à l’opération, sauf à accepter un gaspillage de plusieurs millions d’euros. Aucune municipalité ne peut se permettre cela.
Valence a besoin de son musée. Un tel outil culturel représente une richesse pour la ville et il serait tout à fait irresponsable de renoncer à le faire vivre, le développer et l’améliorer. On ne peut cependant pas le faire à n’importe quel prix alors même que l'ajournement et la reprise du projet actuel coûtera à la collectivité. La nouvelle équipe municipale doit donc traiter là son premier problème politique majeur. Elle a des choix essentiels à faire.