Un des lecteurs de ce blog – qui visiblement ne partage pas mes points de vue – commente ainsi le fait que je continuerai à m’exprimer par ce moyen écrit : C'est une erreur que vous faites Monsieur! Devrions nous vous rappeler que vous êtes élu!!! Et de ce fait les conflits partisans ne sont plus à l'ordre du jour... vous perdez toute votre légitimité. Ce propos appelle quelques observations.
L’élu devrait-il, parce qu’il est élu, se tenir en dehors des conflits partisans ?
Ce n’est pas mon point de vue. Si l’on est élu c’est bien parce qu’on a pris un parti en proposant des idées à mettre en œuvre pour ce qui nous semble être le bien commun. Qu’une majorité ait choisi de nous confier la gestion des affaires communes nous oblige à être fidèles à ce que nous avons proposé et donc à être…partisans. Cela exige de rester fidèle au parti-pris qui a été validé par les électeurs, qu’on le défende et qu’on lui donne une traduction concrète.
Que la position d’élu nous oblige à considérer que nous ne sommes pas détenteurs d’un pouvoir discrétionnaire de faire ce que nous voulons et que nous devons entendre la voix de l’opposition est une telle évidence que c’est une des premières réflexions que j’ai noté après l’élection : voir note 08.72. Avoir des idées et les défendre, polémiquer aux besoins avec ceux qui en défendent d’autres, peut parfaitement se faire dans le plus scrupuleux des respects des interlocuteurs. Je combats des idées et des pratiques, jamais des hommes.
Je perdrais ma légitimité dans le cas où, ayant dénoncé des pratiques politiques et ayant contribué à faire valider une autre orientation, je renonçais à être fidèle à moi-même et à ceux qui m’ont accordé leur voix.