En janvier dernier, alors qu’elle avait toujours indiqué ne pas être intéressée par une préemption du site Reynolds situé à Valence-le-haut, la ville de Valence a brusquement décidé de procéder à cette préemption. Ce choix bloque la mise en oeuvre des solutions de réindustrialisation du site déjà engagées dans le cadre de la convention Etat-Entreprise pour la revitalisation du bassin d’emploi de Valence. (Accord du 5.04.07)
Le Tribunal admistratif de Grenoble, saisi par la société porteuse de ces solutions, a ainsi jugé, dans son ordonnance du 26 février : " il ne ressort ni des pièces du dossier ni des explications fournies à l’audience que l’implantation sur le site de nouvelles entreprises pourrait être assurée de façon plus efficace et plus rapide par la commune de Valence que par les acquéreurs évincés. " L’ordonnance ajoute, à propos de la préemption engagée par la ville : " l’inexistence d’un projet suffisamment précis à la date de cette décision sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
Le Tribunal considère donc que la préemption du site Reynolds par la ville doit être suspendue. La ville fait appel.
Ce dossier justifie clairement ce que nous avions déjà affirmé. La ville n’a pas de projet consistant à proposer sur le site de Reynolds. Elle n’aurait pas manqué, si elle en avait un, de le présenter au tribunal. Sa décision, prise pour des raisons réelles qu’elle n’a jamais exposées, a pour effet de différer de plusieurs mois, voire de plusieurs années, les créations d’emplois qui étaient d’ores et déjà prévues dans les semaines à venir. Elle prend, ainsi, une très lourde responsabilité à l’égard des salariés valentinois, qu’il s’agisse des travailleurs licenciés par Reynolds ceux des entreprises sous-traitantes ou des fournisseurs de Reynolds qui sont indirectement, mais réellement, concernés.
En contestant la décision du tribunal administratif de Grenoble, la majorité municipale sortante assène un mauvais coup au monde du travail et à la vie économique valentinoise. Elle devra rendre compte de ce mauvais coup.