La loi de 1905 portant séparation des Eglises et de l’Etat dispose que les édifices servant à l'exercice public d’un culte, sont laissés gratuitement à la disposition des associations cultuelles qui doivent se constituer à cet effet. Ces associations bénéficiaires, sont tenues des réparations de toute nature, ainsi que des frais d'assurance et autres charges afférentes aux édifices et aux meubles les garnissant. (article 13 de la loi).
L’article 19 précise : Elles (ces associations cultuelles) ne pourront, sous quelque forme que ce soit, recevoir des subventions de l'État, des départements ou des communes.
Dès 1905, les cultes protestant et israélite acceptent ces dispositions de la loi et reçoivent la pleine propriété des temples et de synagogues ce qui assure leur totale indépendance à l’égard de l’Etat. En 1906, le pape Pie X interdit aux catholiques de France de constituer les associations cultuelles prévues par la loi. L’Etat garde donc la propriété des Eglises (tranférées aux communes) et des Cathédrales, qu’il doit entretenir. Ce n’est qu’en 1924, qu’un accord est trouvé avec le Vatican et que la République française, soucieuse d’apaisement, renonçe à faire appliquer la loi de 1905 par l’Eglise catholique et remet l’usage des Eglises et des Cathédrales à des associations diocésaines présidées par les Evêques, lesquelles associations refusent de devenir propriétaires des édifices dont l’entretien reste donc à la charge des collectivités publiques.
L’entretien des Eglises par la commune découle donc d’un refus de l’Eglise catholique d’appliquer une loi de la République. Ce refus ne peut être évoqué aujourd’hui par les adversaires de la loi de 1905 pour contraindre la collectivité publique à prendre en charge l’entretien de tous les édifices religieux de toutes les religions qui se pratiquent régulièrement sur notre territoire. L’incivisme des uns ne légitime en rien le renoncement à un sage principe : La République garantit la liberté des cultes mais elle n’en reconnaît et n’en subventionne aucun.
C’est simple et clair. Cela conduit à des relations apaisées entre les religions et l’Etat. Il y aurait danger à remettre en cause un des piliers majeurs de notre pacte républicain.