Nicolas Sarkozy est un pilleur sans vergogne. Il fait son marché dans le sac des autres. Il avait déjà utilisé Jaurès et Léon Blum, instrumentalisé Guy Moquet, il vient maintenant de " piquer " un mot à Edgar Morin. Le chanoine honoraire de St-Jean-de-Latran – par ailleurs squater à l’Elysée - prétend proposer " une politique de civilisation". Le concept est d’Edgar Morin. Nicolas Sarkozy a-t-il bien compris de quoi il parle quand il prononce ces mots : "Politique de civilisation" ? Rien n’est moins sûr. Dans le Monde et Libération, le sociologue a commenté ainsi cet emprunt fait à son vocabulaire : "C'est simplement un mot qui est lancé… le "contexte (du discours des voeux) n'indique pas de direction qui aille dans le sens de mes idées". "Je ne peux exclure que M. Sarkozy réoriente sa politique dans ce sens, mais il ne l'a pas montré jusqu'à présent et n'en donne aucun signe."
La France n’a pas besoin d’un truqueur à sa tête.
Commentaire
A "la startégie de substitution", il faut aussi ajouter-je l'avais oublié- la stratégie de contorsion sur les mots (novlangue).
L'exemple le plus frappant est donné par l'actualité : se déroulent en ce moment des négociations MEDEF/syndicats dont l'intitulé imposé est "modernisation des conditions de travail". L'essentiel de cette opération, on le sait, étant de casser le code du travail et de limiter, voire détruire, les accords salariaux antérieurs, et notamment ceux obtenus depuis longtemps (Libération). Ainsi, par la magie d'un mot (modernisation) on occulte toute une action de régression sociale et de mise aux ordres des salariés en supprimant des droits et en imposant de nouvelles exigences.
Que penser de la disparition de l'expression "statut salarié" au bénéfice de l'expression "contrat de travail"? Cela est fondamental...mais cela n'émeut personne.
Gège
C'est du kidnaping intellectuel organisé par des sans scrupules comme H. Guaino et C. Guéant. En fait s'il y a problème (grave ) déontologique c'est que les oppositions à cette mascarade permanente ne reçoit aucun relais médiatique; je dirai même que les journaleux, découvrant cette "phraséologie de circonstance" s'en émeuvent presque au point de commenter les propos comme s'il fallait les attribuer à Sarkozy.
Quelqu'un a nommé cela "la stratégie de substitution ou d'évitement". Elle permet à son énonciateur de paraître cultivé et de "faire ses positions de vie", comme les enfants le font en maternelle pour attirer l'attention. L'exemple du discours de Latran est à ce point "exemplaire" de cette posture.
Triste et préoccupant.
Gège