Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, vient d’annoncer que les députés socialistes boycotteront la réunion du Parlement en Congrès à Versailles, prévue le 4 février, pour la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen. "Nous n'irons pas à Versailles. Un référendum a rejeté le traité précédent. Un nouveau texte a été préparé. Il me paraît impossible que nous participions à la révision préalable de la Constitution dès lors que nous défendons la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire", a-t-il dit.
L’hypocrite : la majorité des 3/5 est nécessaire à l'adoption de la modification constitutionnelle. Mais on ne prend en compte que des suffrages exprimés. Autrement dit : chaque député PS absent renforcera la majorité favorable à l'adoption par voix parlementaire. Ainsi l'UMP pourra-t-elle remercier le PS qui lui garantit le succès de la procédure choisie par Sarkozy. Le PS pourra dire qu’il n’a pas voté la réforme constitutionnelle mais, ce faisant, il garantit la ratification du projet de traité qui, lui, ne réclame que la majorité simple aux deux chambres. L’UMP et ses alliés ayant la majorité absolue dans les assemblées, on voit ce qu’il adviendra de la ratification.
Prétendre défendre le droit du peuple à s’exprimer en créant les conditions pour qu’il ne s’exprime pas, en langage politiquement incorrect, ça s’appelle : prendre les citoyens pour des cons !
Merci le P.S
Post-scriptum : il y a des députés PS qui restent cohérents Marc DOLEZ, Député du Nord : Alors qu'en votant non à la révision de la Constitution, les parlementaires de gauche peuvent imposer au Président de la République le référendum dont il ne veut pas, le boycott revient à renier les engagements pris et à se rendre complice de cette forfaiture qui consiste à faire adopter par le parlement un projet de traité précédemment repoussé par le peuple.
Profondément attaché au respect de la souveraineté populaire, je refuse pour ma part de cautionner cette indigne complicité et me rendrai donc, le 4 février, au congrès de Versailles pour voter non.