Parce qu’on ne peut pas imaginer que le Président de la République ne mesure pas le sens des mots qu’il utilise et la portée des propos publics qu’il tient, on peut affirmer que le nouveau chanoine honoraire de St-Jean-de-Latran représente un réel un danger pour la démocratie dans notre pays.
" Depuis le siècle des Lumières, l’Europe a expérimenté beaucoup d’idéologies. Elle a mis successivement ses espoirs dans l’émancipation des individus, dans la démocratie, dans le progrès technique, dans l’amélioration des conditions économiques et sociales, dans la morale laïque. " (Discours au Palais du Latran 20 décembre 2007)
Qualifier d’idéologies expérimentales : " l’émancipation des individus", " la démocratie ", " l’amélioration des conditions techniques et sociales " et " la morale laïque " c’est en faire de simples systèmes révocables à tout instant alors qu’elles sont les préalables nécessaires au vivre ensemble qui fonde nos sociétés de droit. Que le Président d’une République, définie constitutionnellement comme Démocratique, Laïque et Sociale, puisse parler de la démocratie, de la laïcité ou de l’amélioration des conditions sociales comme des idéologies expérimentées par l’Europe relève de l’analphabétisme politique ou, et c’est plus probable, d’une conviction anti-républicaine viscérale.
Oser dire, devant un parterre d’évêques, de chanoines et de prêtres : " dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ", c’est insulter gratuitement et sans vergogne tous ceux qui se dévouent depuis des générations à l’école publique.
Si je faiblissais un jour dans mon engagement à combattre la droite réactionnaire incarnée par Nicolas Sarkozy, je demande à mes amis de me faire relire ce texte particulièrement indécent. Je crois que cela suffira à me rendre toute mon énergie.