Ce dont la vie politique a la plus besoin aujourd’hui, c’est de clarté. Il y a ceux qui choisissent de rédistribuer principalement cette richesse sous forme d’allégement fiscal aux plus riches ou en dividendes aux détenteurs du capital. Il y a ceux qui choisissent de la redistribuer principalement en rémunérant mieux le travail ou en créant des services d’intérêt collectifs. Entre les deux, il n’y a pas de compromis possible. Il faut choisir. L’enjeu des élections, quelles qu’elles soient, c’est toujours, de façon explicite ou non, le choix par les électeurs d’une des deux réponses appliquée à un terrain particulier : le pays, la région, le département ou la commune. La charge, noble, des hommes politiques est de présenter clairement les termes de l’alternative et de ne pas laisser croire que, par une sorte d’angélisme providentiel, les tenants des deux camps pourraient, en alliant leurs compétences trouver heureusement une position moyenne. La réponse à la question n’est pas affaire de compétence. Il y a les libéraux et les anti-libéraux (au plan économique). Il y a la droite et il y a la gauche. Il faut choisir.
La question clé qui est posée à tout ceux qui prétendent gérer, à quelque niveau que ce soit, les affaires publiques est la suivante : comment répartir la richesse collective produite par le travail de tous ?
Sur cette question, et complémentairement à ce que tu écris, il est nécessaire de lire l'entretien avec Marcel Gauchet, retranscrit dans l'hebdomadaire Marianne n° 553 (24-30 novembre 2007) pages 76-78. Je cite quelques passages :
"L'histoire est escamotée, la seule chose qui compte, pour la majorité de nos contemporains, c'est que l'économie fonctionne"
" ...mais donner de la liberté aux individus ne suffit pas, il faut leur donner aussi du pouvoir, de la puissance d'agir".
et enfin, ce jugement à propos de sarkozy : " il propose de travailler plus pour gagner plus, ce qui est un peu étroit...On est tombé dans le socialisme le plus primitif qui soit : celui de la survie améliorée".
Gège