Cette année là, dans cette ville de province, les charges avaient si sensiblement augmentées par rapport aux prévisions (notamment sur les postes eau et chauffage) que le montant de la régularisation due par les locataires HLM atteignait parfois plus de 20% de la provision versée. D’ordinaire ces régularisations étaient connues en mars ou avril. Mais, cette année là, le Président de l’office HLM était aussi candidat au renouvellement de son poste de député. Evidemment, adresser avant l’élection ces factures particulièrement salées à la population des HLM - qui se trouvaient être composée d’électrices et d’électeurs - présentait quelque risque du point de vue électoral. Imaginez que ces électeurs se fâchent et ne mettent point dans l’urne le bulletin au nom du député-président ! Il vint alors à ce député-président, qui était très malin, une idée toute simple : le deuxième tour de l’élection tombait un 17 juin. Il suffisait d’adresser les factures le 18. Personne ne pourrait trouver dans la mauvaise gestion prévisionnelle des charges un motif de refuser sa voix au député-président. Ce qui fut dit fut fait. Les factureus arrivèrent le 20. Le Président avait été réélu député ! Toute ressemblance entre cette histoire et des faits s’étant réellement déroulés n’est évidemment pas le fait du hasard.
Commentaire
En fait il n'était pas très malin. Un jour ça lui pêtera à la gueule !
Là aussi, on pourrait dire : les cocus comptez-vous !