Ma réflexion et mes engagements politiques ne me portent pas naturellement à considérer qu’un rapprochement de la gauche avec le centre est une bonne solution pour répondre aux problèmes des Français. Si pour résoudre les problèmes de l’emploi, par exemple, le centre était capable d’accepter les options d’un socialisme français inscrit dans la lignée de Jaurès, il ne serait plus le centre. Il serait la gauche ! Une alliance gauche/centre ne peut que se faire par un affadissement des propositions de la gauche.
Pour autant, dans une élection présidentielle, compte tenu de la constitution, l’un des deux candidats admis à concourir pour le second tour doit rassembler plus de 50 % des votes pour être élu et appliquer la politique qu’il a proposée aux électeurs. Or, il n’est probablement pas possible d’opérer un tel rassemblement sans passer des accords et des compromis.
Face au danger d’une droite sarkoziste soucieuse de promouvoir, avant tout, une politique généreuse pour les nantis, une politique atlantiste, une politique autoritaire …. l’examen des possibilités de constituer une majorité ouverte au centre, sur des bases qui sauvegardent l’essentiel des valeurs de la gauche, paraît relever d’un élémentaire réalisme.
Faire de la politique, c’est agir pour que ce qui est nécessaire devienne possible. Si la possibilité de réaliser tout ou partie de ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins des Français et de la France passe par des négociations entre la gauche et le centre … alors … négocions ! Il restera à ceux qui pensent à gauche, d’agir pour que les compromis ne conduisent pas à une dénaturation des projets et des valeurs qui sont les leurs.