Ségolène Royal aborde ce deuxième tour en position favorable. Si l'on fait le total des voix qu'elle a obtenues et de celles des candidats qui ont appelé directement à se prononcer pour elle au deuxième tour, on arrive à peu près à 36%. Nicolas Sarkozy, même si l'on comptait les voix de M. de Villiers, mais c'est loin d'être acquis, ne serait qu'à 34%. Donc, cette compétition est ouverte.
Les Français ont à choisir entre deux projets de société. Le modèle social français a besoin d'être modernisé, il n'a pas besoin d'être démantelé. Il faut une forte volonté pour préserver le tissu industriel, pour éviter que les centres de décision ne quittent la France. J'y ajouterai la Sécurité sociale, le service public. Mais il y a aussi un thème très important, celui de la démocratie. M. Sarkozy est soutenu par les grandes familles qui possèdent une bonne partie du CAC 40. S'il était élu, ce serait une formidable concentration de pouvoirs – économique, financier, politique, médiatique – qui aurait peu de précédents. Ségolène Royal propose une République rééquilibrée avec un Parlement qui légifère et contrôle, un gouvernement qui gouverne et rend des comptes, une justice indépendante et des médias pluralistes. Tout cela compose une autre perspective : celle d'une démocratie où l'on respire. J'ajoute qu'en cas de victoire, nous avons l'intention d'introduire une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin aux législatives. Il faut que les différentes sensibilités de notre pays soient mieux représentées.
Ségolène Royal parlera à tous les Français, au nom de l'intérêt général de la France. Il y a des gens qui ont voté pour M. Bayrou en pensant qu'il serait une meilleure protection contre Nicolas Sarkozy. Cet argument a été très fort. Et puis soyons francs : il y a beaucoup de gens qui pensent que la droite est là pour corriger la gauche et la gauche pour corriger la droite. Et beaucoup d'électeurs de droite modérée ont pensé que M. Sarkozy était une correction excessive. Simone Veil elle-même l'a jugé quelquefois trop brutal.
Ségolène Royal doit parler le langage de la République. Le candidat à l'élection présidentielle s'adresse à tous les Français. Il est l'homme de la nation, comme disait le général de Gaulle. Donc, au deuxième tour, il doit s'adresser à chaque Français pris en particulier. Il n'y en a aucun qui doive être abandonné. Ségolène Royal parle le langage de la République, une République rénovée, sociale, qui donne à l'égalité homme-femme un contenu en portant pour la première fois une femme à la présidence de la République. C'est un choix très novateur et optimiste. Certains peuvent en avoir peur. Mais c'est un choix d'audace qui dans tous les domaines apportera ses bienfaits. La France a besoin de se renouveler et de se réconcilier avec elle-même. Elle le fera mieux avec Ségolène Royal qui rassemble qu'avec Nicolas Sarkozy qui divise.
Lundi 23 Avril 2007
Chevenement.fr