Le choix d’implanter la ligne de chemin de fer le long des remparts plutôt que dans la basse ville (ce qui était initialement prévu) oblige, pour tenir compte de l’altimètrie du terrain, à creuser une importante tranchée qui balafre l’espace, à l’Est des remparts, le long de la route impériale n° 7.
Le 20 décembre 1852, le conseil municipal examine un rapport présenté par M. de Lachesserie sur les plans fournis par la compagnie. Ces plans font l’objet de beaucoup de réserves. " La promenade du Cagnard si importante pour la circulation et si encombrée les jours de foire décheoit en même temps au point de vie de l’agrément, de l’espace et des relations. " Du point de vue de la sécurité, la fosse pose problèmes. Ne peut-on craindre qu’un animal effrayé ou un homme ivre ne tombent malencontreusement sur les voies ? Pour pallier ce risque, il faudra créer un parapet tout au long de la tranchée, ce qui mutilera le paysage : " Cette promenade sera séparée de la route n°7 et des maisons qui la bordent au levant par un espace infranchissable… et des parapets qui donneront un aspect triste et disgracieux au quartier de la ville le plus animé et qui va devenir le plus prospère. " Le conseil réclame donc un tunnel. La compagnie Talabot, concessionnaire de la ligne, refuse !
C’est le conseil municipal du 18 mars 1866 qui, après un long conflit avec la compagnie concessionnaire, constate enfin un accord pour tranformer la tranchée en tunnel !
Le 6 août 1866, le conseil accepte le projet Bordessoul pour la construction de l’ouvrage qui comprendra le pont Notre Dame, au droit de la rue des Alpes, laquelle vient d’être ouverte le 27 février à travers des propriétés Fabry et Joulie.
Le 15 mai 1867, sous maîtrise d’ouvrage de la compagnie, le conseil muncipal autorise le maire à lancer les opérations de couverture de la tranchée qui seront menés par l’entreprise Longueville entre le 8 novembre 1867 et le 12 août 1868 date à laquelle le pont à l’entrée de la rue des alpes est livré à la circulation.
Le coût prévisionnel établi par M. Poinçot, ingénieur, à la demande du préfet, estimait l’opération à quelques 96 000 francs, mais la compagnie PLM pensait qu’on pourrait s’en tirer avec 80 000 si on construisait le tunnel en briques plutôt qu’avec des poutrelles de fer.
Sources : archives municipales