Disposer d’un logement décent, avoir accès à l’eau, à l’électricité et à un moyen de chauffage sûr devraient être des droits garantis à chaque citoyen dans un Etat moderne. Le vote d’une loi concernant un droit au logement " opposable ", n’est donc pas en soi une mauvaise initiative, bien au contraire.
On ne doit cependant pas oublier ce que disait le Président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, dans ses voeux pour 2005, lorsqu’il dénonçait les " lois émotives, molles ou jetables "
Une loi " émotive ", c’est un texte voté dans l’urgence d’un mouvement d’opinion publique qui réclame une solution à un problème qui la touche. Une fois l'émotion passée, si la loi a été adoptée, on s'aperçoit souvent que, prise hâtivement, elle a été mal écrite. Elle passe alors par le stade de la loi " molle " dont les décrets d’application ne paraissent que tardivement – ou jamais – pour finir comme loi " jetable ", jamais mise en œuvre et n’appartenant plus qu’à l’histoire de l’assemblée législative.
Le respect du droit au logement peut certes s’appuyer sur une loi. Il doit surtout s’appuyer sur une volonté des collectivités locales d’impulser et de soutenir des programmes de construction d’appartements accessibles à ceux qui éprouvent actuellement des difficultés à se loger.
A cet égard, le choix de la majorité municipale de favoriser à Valence l’habitat haut de gamme paraît bien incompatible avec la résolution du problème posé. On compte bien que le député – qui votera sans doute la loi en question si elle vient effectivement en débat – agisse au niveau local pour qu’on bâtisse dans notre ville autre chose que des immeubles à 4 000 euros le m2.
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