Il s'est passé quelque chose de grave hier soir à l'hôtel de ville.
A huit jours de Noël, les Reynolds, collectivement licenciés par leur employeur américain, sont venus crier leur colère et leur détresse devant le conseil municipal. Quand tout espoir est perdu, où pouvaient-ils le plus logiquement s'exprimer pour demander un peu d'écoute, l'expression d'une compréhension et peut-être un peu de compassion, que devant l'assemblée qui représente l'ensemble des citoyens de notre ville.
Au lieu de les écouter avec le respect que l'on doit aux victimes d'un malheur qu'on n'a pas pu éviter, Mme le Maire les a traité de menteurs parce qu'ils affirmaient qie la ville n'avait rien fait pour le défendre. Il y avait certes de l'excès dans cette affirmation. Mais quand on n'a pas tout fait, on n'a rien fait. Et la ville peut-elle réellement prétendre qu'elle a fait tout ce qu'elle pouvait faire ? Il serait trop rapide de répondre oui sans discussion.
Certes, il avait les pétards, les sifflets et les fumigènes, mais cela interdisait-il à Mme le Maire d'écouter, d'exprimer au moins quelques mots de compréhension et la solidarité de la communauté municipale ?
Il y a de l'indécence à traiter de menteur un travailleur qui vient de perdre son emploi parce qu'il parle avec violence du malheur qui lui arrive. Cette indécence là me choque plus que les pétards, les sifflets et les fumigènes.