La séance du 20 novembre du conseil municipal était consacrée au débat d'orientation budgétaire. La loi fait en effet obligation, dans les deux mois qui précédent la présentation et le vote du budget, de conduire une discussion sur les orientations que celui-ci doit prendre.
La discussion est souvent formelle, dans la mesure où la majorité a déjà pris toutes ses décisions et où on ne l'a jamais vu tenir le moindre compte des observations, remarques ou suggestions de la minorité. Ce débat a néanmoins pour mérite d'illustrer de manière crue l'opposition entre deux conceptions de la gestion municipale.
Voici quelques extraits de mon intervention : les orientations que vous présentez pour l’année à venir sont dans la parfaite continuité de vos budgets précédents. Même discours, même auto-satisfaction, mêmes critiques de vos partenaires, mêmes à-peu-près... bref vous nous servez un mélange bien connu et dont on sait que, dans l’assiette, il ne tient pas les promesses du menu ! .../...
En matière de dépense de fonctionnement, vous gérez au plus serré avec l’objectif majeur de faire des économies afin de dégager des marges d’autofiancement qui vous sont nécessaires pour les projets dispendieux que vous conduisez. Vous exercez pour cela, entre autre, une pression permanente sur la masse salariale et le personnel est invité à une économie parcimonieuse dans l’usage de ses moyens. Si j’en crois certains échos, il paraît qu’il devient dur de remplacer les balais usagés ! .../...
Dire (page 3), qu'au plan du fonctionnement, les domaines de l'éducation et de la politique de la ville seront prioritaires ne signifie pas grand chose puisqu’on on n'a pas d'indication du niveau de cette priorité. On est d’autant plus sceptique que, depuis plusieurs années où l’éducation est affichée comme priorité, on ne voit pas par quoi se traduit cette priorité éducative : la dotation par enfant n’a pas sensiblement augmentée, le financement des projets d’école reste solidement encadré, le retard en équiopement informatique est patent …. Je ne vois pas ce qui exprime pratiquement la priorité, c’est-à-dire ce qui fait que ce secteur serait mieux doté que ce qui est nécessaire à son fonctionnement minimal, ce qui serait lui donner une priorité " réelle ".../...
En matière de dépense d’investissement, ce qui frappe c’est, là encore, la continuité de vos choix. Louis XIV, à la veille de sa mort, disait : " j’ai trop aimé la guerre et les bâtiments. " Je ne vous ferai pas l’injure de penser que vous aimez la guerre, mais ce qui est sûr c’est que vous aimez les bâtiments.Vous investissez sur les espaces : boulevards, musée, gymnase….vous ignorez les hommes.../...
Une seule illustration : vous ne prévoyez strictement rien dans le domaine de l'action pour l'emploi Tout le monde s’est apparemment ému de la situation des entreprises menacées dans leur existence à Valence.Les larmes qui ont été versées n’étaient-elles pas des larmes de crocodiles ?
Créer une maison de l’emploi, par exemple ce ne serait pas un projet révolutionnaire de gauche. Les maisons de l'emploi sont une initiative de Jean-Louis Borloo, ministre de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale, dans en vue d’agir sur l'organisation structurelle du marché de l'emploi. Elles ont pour objectif d'optimiser le service rendu aux demandeurs d'emploi, aux salariés et aux entreprises.../...
Pour conclure : Les documents que vous nous présentez pour introduire ce DOB ont le mérite d’être très clairs. Ils témoignent d’une constance de votre part qu’il convient de souligner et que je résumerai ainsi : tout pour le financement des boulevards. Vous le dites sans ambage page 4, votre objectif c’est l'affectation d’un autofinancement important issu de la rigueur de gestion au financement des investissements. On aura compris : austérité partout pour pouvoir dépenser sans compter sur les boulevards !
Ce n’est pas ce que nous souhaitons pour les Valentinois !