Dans un pays démocratique où le suffrage universel est le principe fondamental pour le choix de responsables locaux, départementaux, régionaux et nationaux, le mode d’élection du Sénat - voire son existence même - constitue une curiosité.
Un mot d’histoire. Le Sénat actuel est l’héritier de la seconde assemblée créée après la Révolution.
Cette seconde chambre législative est née en 1795 dans le but de contrôler la première. Le pouvoir législatif est alors partagé entre le Conseil des Cinq-Cents qui a l’initiative des lois et le Conseil des Anciens qui les approuve ou les rejette. Une longue tradition de répartition des rôles commence. Pour Boissy d’Anglas, (Député du Tiers Etat d’Annonay) "les Cinq-Cents seront l’imagination de la République, les Anciens (…) la raison." Les deux chambres sont élues au suffrage censitaire.
Originellement, le Senat a donc été pensé comme la chambre législative qui contrôle, modère, voire censure, les décisions du pouvoir législatif. Il n’est donc pas sans signification politique (au sens originel du terme) que les législateurs modernes aient maintenu ce type d’Assemblée - désignée par un collège électoral restreint – comme outil de contrôle des décisions de l’Assemblée Nationale. Comme si les représentants du Peuple, élus au Suffrage Universel devaient être surveillés par un chaperon, par une assemblée de plus sages qu’eux (Le Sénat est parfois désigné comme l’assemblée des Sages) !
Certes, en cas de divergences, c’est l’Assemblée Nationale qui a le dernier mot mais peut-on pour autant se satisfaire du bi-camerisme actuel où les 311 membres de la Haute Assemblée (autre nom donné au Sénat) sont élus par un collège d’élus qui, compte tenu de leur propre mode d’élection, ne représentent que très imparfaitement le peuple français ? Le débat vaut, me semble-t-il, la peine d’être conduit.
Avec un Ministre fondateur de l’association " Créateurs d’école " destinée à promouvoir l’enseignement privé et une conseillère du Président de la République qui déclarait en 2004 : "Je suis pour une privatisation totale de l'éducation nationale", on ne peut pas s’attendre à ce que l’enseignement public soit la priorité des priorités de notre gouvernement.
On ne s’étonne donc pas de l’ampleur et la rigueur de l’opération qui consiste à détricoter méthodiquement ce qui fait le fond de notre école républicaine : 11.000 supressions d’emplois d’enseignants cette année (autant, voire un peu plus, annoncés pour l’an prochain) ; réduction de l’horaire de formation encadrée présenté comme un moyen d’aider les plus faibles ; déréglementation de la carte scolaire ; implantation d’écoles privées sous contrat dans les quartiers défavorisés plutôt que renforcement du service public (plan banlieue 2008)… Sans oublier les dommages " collatéraux " liés à la réforme de la semaine scolaire et à la suppression des classes le samedi qui pèsent lourdement sur l’emploi de catégories de personnels qui ne sont pas particulièrement favorisés.
Pour la seule ville de Valence, la suppression du samedi matin entraîne plus de 3 000 heures de travail en moins pour les agents d’entretien et les assistantes d’école maternelle. Beaucoup de ces agents (souvent à temps incomplet) aimeraient travailler plus pour gagner correctement leur vie. Comment pourraient-ils le faire quand l’Etat supprime les possibilités d’offre d’emploi ? La réduction de l’horaire d’accueil des enfants sera dramatique pour beaucoup de salariés non enseignants et notamment pour beaucoup de vacataires.
Jusqu’où laisserons nous aller ? Juqu’où laisserons nous cette politique destructrice se développer ?
C’est loin de Valence, cela ne constitue pas la préoccupation majeure de nos concitoyens (encore que ?) probablement plus préoccupés du solde des impôts sur le revenu, du coût de la rentrée scolaire ou de l’évolution du pouvoir d’achat (il semble que les demandes d’inscriptions dans les cantines municipales explosent et ce n’est pas explicable seulement par la seule qualité des repas fournis !), pour autant, peut-on ne pas s’inquiéter de ce qui se passe dans le Caucase ?
Les occidentaux ont encouragé et approuvé l’indépendance du Kosovo. Ils condamnent la reconnaissance par la Russie de celle de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhasie. Le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, Frédéric Desagneaux, déclare que le cas du Kosovo est un "cas sui generis qui ne saurait constituer un précédent". Je veux bien, mais qu’on nous explique pourquoi ?
La violence et la force ne peuvent jamais apporter des solutions durables aux problèmes politiques. La voix de la France doit peser en faveur des solutions négociées.
A notre niveau municipal, c’est par une politique active de solidarité, de coopération, voire de jumelages nouveaux avec des pays qui sont aujourd’hui à la " périphérie de l’Europe " : Mahgreb, Moyen-orient, Europe de l’Est… qu’il nous faut affirmer notre volonté d’être les acteurs d’un monde de Paix.
La question majeure des jours et des semaines à venir pour l'équipe municipale est celle de la préparation du budget 2009.
D'une certaine manière, ce sera pour elle un moment de vérité. Même si elle lui a fait subir de sérieuses inflexions, elle a jusqu'ici travaillé dans le cadre budgétaire fixé par ses prédécesseurs. Aujourd'hui, elle affirmer son propre projet et elle doit faire des choix clairs qui engageront de manière significative l'ensemble du mandat.
Elle va le faire dans un cadre difficile, puisqu'il est probable que les dotations de l'Etat vont subir un coup de frein et que rien ne garantit qu'il n'y aura pas de nouvelles mesures négatives pour les collectivités locales dans le projet de budget national 2009 Par contre, les charges contraintes seront elles en augmentation. La gestion des "coups partis" : boulevards, musée... , le nécessaire rattrapage des retards pris en marière d'entretien des bâtiments publics (écoles, gymanases, piscines ...) pour ne citer que cela absorberont une partie significative des ressources.
C'est la solidité et la cohérence d'un projet qui vont être mises à l'épreuve et, partant, la solidité et la cohérence de l'équipe pluraliste qui a pris la charge des affaires collectives en mars dernier.
Les vacances sont terminées.
Le blog reprend son activité "normale" dès demain !