Dans une Drôme, qui accorde près de 55% des voix à Nicolas Sarkozy et glisse magistralement à droite (la gauche n’est en tête que dans 10 cantons), Valence fait de la résistance. Même si la ville vote, elle aussi, à droite , elle ne le fait qu’à 51,36 % et deux cantons sur 4 choisissent Ségolène Royal à 52 %.
Les raisons de cette particularité sont diverses. Le manque de crédibilité du parrain de la droite valentinoise, le député que les huissiers du Palais Bourbon ne connaissent pas , y est certainement pour une large part. L’action de l’opposition municipale, sans concession pour le maire de l’ombre, y contribue sans doute pour une autre part.
Il reste de la responsabilité des forces de gauche à faire les bons choix stratégiques et à amplifier ce mouvement de résistance pour obtenir le basculement de la ville lors des prochaines échéances : législatives d’abord, muncipales et cantonales ensuite.
Le combat républicain continue.
Le peuple a parlé.
Il ne l’a pas fait dans le sens où nous l’espérions, sans doute parce que nous n’avons pas su montrer en quoi le programme de la gauche représentait la vraie rupture dont le pays a besoin.
Nous n’avons pas su convaincre qu’attendre cette rupture de l’élection à la Présidence de la République d’un des acteurs majeurs de la politique conduite sous la présidence de Jacques Chirac était un pari de dupes.
Le parti socialiste et ses alliès vont devoir, ensemble et chacun pour son propre compte, s’interroger sur les causes de cette défaite et procéder aux corrections stratégiques qui s’imposent.
Dans l’immédiat, il convient pour eux de se mobiliser sur un objectif unique et essentiel : envoyer au parlement l’opposition la plus significative possible pour contrecarrer, autant que faire se peut, les dispositifs les contestables que le nouveau président va chercher à mettre en place.
Pour ma part, c’est ce à quoi, dans les semaines à venir, je vais essayé de participer en soutenant, dans notre département, les candidatures communes au PS, au MRC et au PRG.
Ma réflexion et mes engagements politiques ne me portent pas naturellement à considérer qu’un rapprochement de la gauche avec le centre est une bonne solution pour répondre aux problèmes des Français. Si pour résoudre les problèmes de l’emploi, par exemple, le centre était capable d’accepter les options d’un socialisme français inscrit dans la lignée de Jaurès, il ne serait plus le centre. Il serait la gauche ! Une alliance gauche/centre ne peut que se faire par un affadissement des propositions de la gauche.
Pour autant, dans une élection présidentielle, compte tenu de la constitution, l’un des deux candidats admis à concourir pour le second tour doit rassembler plus de 50 % des votes pour être élu et appliquer la politique qu’il a proposée aux électeurs. Or, il n’est probablement pas possible d’opérer un tel rassemblement sans passer des accords et des compromis.
Face au danger d’une droite sarkoziste soucieuse de promouvoir, avant tout, une politique généreuse pour les nantis, une politique atlantiste, une politique autoritaire …. l’examen des possibilités de constituer une majorité ouverte au centre, sur des bases qui sauvegardent l’essentiel des valeurs de la gauche, paraît relever d’un élémentaire réalisme.
Faire de la politique, c’est agir pour que ce qui est nécessaire devienne possible. Si la possibilité de réaliser tout ou partie de ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins des Français et de la France passe par des négociations entre la gauche et le centre … alors … négocions ! Il restera à ceux qui pensent à gauche, d’agir pour que les compromis ne conduisent pas à une dénaturation des projets et des valeurs qui sont les leurs.
Ségolène Royal aborde ce deuxième tour en position favorable. Si l'on fait le total des voix qu'elle a obtenues et de celles des candidats qui ont appelé directement à se prononcer pour elle au deuxième tour, on arrive à peu près à 36%. Nicolas Sarkozy, même si l'on comptait les voix de M. de Villiers, mais c'est loin d'être acquis, ne serait qu'à 34%. Donc, cette compétition est ouverte.
Les Français ont à choisir entre deux projets de société. Le modèle social français a besoin d'être modernisé, il n'a pas besoin d'être démantelé. Il faut une forte volonté pour préserver le tissu industriel, pour éviter que les centres de décision ne quittent la France. J'y ajouterai la Sécurité sociale, le service public. Mais il y a aussi un thème très important, celui de la démocratie. M. Sarkozy est soutenu par les grandes familles qui possèdent une bonne partie du CAC 40. S'il était élu, ce serait une formidable concentration de pouvoirs – économique, financier, politique, médiatique – qui aurait peu de précédents. Ségolène Royal propose une République rééquilibrée avec un Parlement qui légifère et contrôle, un gouvernement qui gouverne et rend des comptes, une justice indépendante et des médias pluralistes. Tout cela compose une autre perspective : celle d'une démocratie où l'on respire. J'ajoute qu'en cas de victoire, nous avons l'intention d'introduire une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin aux législatives. Il faut que les différentes sensibilités de notre pays soient mieux représentées.
Ségolène Royal parlera à tous les Français, au nom de l'intérêt général de la France. Il y a des gens qui ont voté pour M. Bayrou en pensant qu'il serait une meilleure protection contre Nicolas Sarkozy. Cet argument a été très fort. Et puis soyons francs : il y a beaucoup de gens qui pensent que la droite est là pour corriger la gauche et la gauche pour corriger la droite. Et beaucoup d'électeurs de droite modérée ont pensé que M. Sarkozy était une correction excessive. Simone Veil elle-même l'a jugé quelquefois trop brutal.
Ségolène Royal doit parler le langage de la République. Le candidat à l'élection présidentielle s'adresse à tous les Français. Il est l'homme de la nation, comme disait le général de Gaulle. Donc, au deuxième tour, il doit s'adresser à chaque Français pris en particulier. Il n'y en a aucun qui doive être abandonné. Ségolène Royal parle le langage de la République, une République rénovée, sociale, qui donne à l'égalité homme-femme un contenu en portant pour la première fois une femme à la présidence de la République. C'est un choix très novateur et optimiste. Certains peuvent en avoir peur. Mais c'est un choix d'audace qui dans tous les domaines apportera ses bienfaits. La France a besoin de se renouveler et de se réconcilier avec elle-même. Elle le fera mieux avec Ségolène Royal qui rassemble qu'avec Nicolas Sarkozy qui divise.
Lundi 23 Avril 2007
Chevenement.fr

Il y a 70 ans, le 26 avril 1937, jour de marché, quatre escadrilles de la légion Condor allemande, protégées par des avions de chasse italiens, procèdent au bombardement délibéré de la ville basque de Guernica. 50 tonnes de bombes incendiaires sont lachées. Le journaliste britannique C. L. Steer, à l'époque correspondant du Times au pays basque, estime qu'entre 800 à 3000 des 5000 habitants de Guernica périssent.
Guernica inaugure une triste série de bombardements délibérés de villes et de civils perpétrés par des régimes qui n'étaient pas tous des régimes fascistes : Londres, Coventry, Dresde, Hiroshima, Belgrade, Bagdad …et d’autres que j’oublie. Face à cette honte au front de l’humanité, un seul mot d’ordre s’impose : Mort à la guerre ! La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ; c’est une maladie convulsive et violente du corps politique ; il n’est en santé, c’est-à-dire dans son état naturel, que lorsqu’il jouit de la paix. (Diderot)
Luttons pour la Paix du monde.

