Parmi tous les sujets abordés lors du dernier conseil municipal, l'attribution des marchés de travaux pour la seconde tranche des boulevards n'était pas la question la moins importante. Le financement de cette deuxième partie - dont on ne sait encore rien : quelles subventions, de la part de qui ... - pèsera en effet très lourd sur la politique que pourra conduire la prochaine municipalité. Or on peut craindre de très sérieux problèmes.
En 2003, on nous annonçait que cette tranche couterait moins que la première. 12.473.000 euros contre 14.566.000. Or, pour l'attribution des lots, le maître d'oeuvre a founi une estimation globale du coût de la tranche à 16 244 000 euros, sans compter le pôle bus, les travaux du tunnel, l’illumination des facades et les menus "frais divers" qui vont inévitablement apparaître. C’est donc quelques 21 000 000 € de travaux qu’il faut escompter sur cette affaire, bien loin des 12 000 000 annoncés. Cela s'entend, bien sûr, sur le seul chapitre travaux car, pour tout ce qui concerne la communication, la signalétique, les réseaux divers ... la municipalité continue à faire comme si cela ne faisait pas partie de l'opération boulevards et les chiffre à part. Artifice bien pauvre pour masquer le coût réel d'une opération de prestige !
En attendant, on licencie au foyer de Valensolles faute de moyens, l'Escale et l'Etape affrontent des problèmes extrèmement difficiles faute d'être soutenues.
Chacun choisit ses priorités;
Enfin, pour clore le rapport, un chapitre sur une pratique de gestion des marchés publics que la chambre juge sévèrement, considérant qu'elle parait "constituer un contournement des règles de la commande publique", ce qui constitue, en soi, une faute extrèmement grave.
L'analyse de deux dossiers particuliers, l'un relatif à la zone franche, l'autre à l'esplanade du champ de mars, montre que la ville a une tendance facheuse à s'affranchir de tout formalisme en matière de marché public et ce parce qu'elle souhaite "réaliser des travaux au plus vite". C'est un reproche que nous avons très souvent fait à propos de diverses opérations en montrant que la ville accepte - ou même provoque - des sur-coûts, par sa hâte à réaliser certains équipements, souvent sans une préparation suffisante des dossiers. (C'est un constat que j'ai encore pu faire la semaine dernière à propos de la construction du centre technique municipal pour lequel, entre le projet initial objet d'une appel d'offre et le projet actuel en cours de réalisation, des modifications demandées par le maître d'oeuvre (la ville) ont, la note accru la note de 33% !)
La belle vertue affichée par la majorité municipale vole en éclat à la lecture de ce rapport qui, en toute rigueur devrait avoir de suites !
Le quatrième chapitre du rapport traite de la gestion des parkings. On touche là à des sommets d’opacité et à de solides irrégularités.
Par délégation de service public, la gestion des parkings a été confiée à la société Qpark. Il semble que cette société soit un fonds de pension hollandais.
L’enquête note : " il est difficile de savoir qui gère les parcs de stationnement de Valence ". Il semble cependant que le concessionnaire s’engraisse gentiment sur le dos des usagers. En effet, le rapport doit noter : " La rémunération de l’exploitant…est en augmentation sur la période alors que la redevance versée à la collectivité, qui est indexée sur les chiffres d’affaires des parcs de stationnement est en diminution…. La rémunération de l’exploitant a augmentée de 23% et la redevance versée à Valence a diminuée de plus de 10 %
Voilà ce qui s’appelle conclure et gérer des contrats qui garantissent la défense des intérêts des valentinois !
Ce chapitre, qui n'est pas parmi les plus sévères du rapport, pointe cependant le caractère assez superficiel des interventions municipales en matière économique.
"La ville a consacré 36 euros par habitant et par an à son intervention économique"". Ce n'est pas absolument négligeable, mais c'est une très faible part du budget de la ville. "Le service économique, à la mairie de Valence, est composé d'un chargé de mission", ce qui est évidemment un struture plus que lègère, quel que puisse être le dynamisme de cet agent.
La ville ne suit pas particulièrement les résultats de son intervention économique...Il n'y a pas de présentation de bilans des actions menées dans le domaine économique au conseil municipal....Aucune commission spécifique du conseil municipal n'a été constituée ens son sein sur les questions économiques.
En matière de dispositif d'intervention économique de la ville, les élus et les fonctionnaires jugent l'organisation actuelle satisfaisante et considèrent qu'il en est de même pour les entreprises bien qu'aucune étude ne vienne confirmer cette affirmation.
Commentaire : Autrement dit :On fait peu, mais on est content de soi ! C'est bien dans la manière générale de la majorité.
Le deuxième volet de cette partie du rapport aborde une question délicate puisqu’elle met directement en cause des personnes et pointe de anomalies qui pourraient avoir des conséquences graves pour celles-ci : c’est celle de l’usage des véhicules de fonction.
Chaque véhicule municipal doit avoir un carnet de bord. Le rapport note : " Tous les carnets de bord sont soit vierges soit des plus succints et sont inexploitables. " Le rapport rappelle en outre que, " dans le cadre de l’usage privatif du véhicule, l’agent est tenu de déclarer l’avantage en nature correspond " Cet avantage est en principe calculé par les services de la ville et intégré sur les feuilles de paye. Cette procédure a été mise en oeuvre pour tous les agents concernés, sauf un, qui a effectué plus de 60 000 km en moyenne par an, sans qu’il soit possible de déterminer (faute de carnet de bord), ce qui relève de l’usage professionnel et de l’usage privatif. " A ces déplacements, il conviendrait d’ajouter les utilisations non justifiées de cartes de péage et de carburants que la chambre n’a pu rattacher à des missions. "
Commentaire : Il y a, dans ce laxisme, une responsabilité majeure pour une ville qui prétend à un rigueur absolue de gestion. Par ailleurs, l’agent concerné ne pouvait ignorer les entorses à la réglementation dont il se rendait complice à son propre bénéfice. C’est d’autant plus regrettable qu’il s’agit du fonctionnaire le plus élevé dans la hiérarchie municipale.

