Démosthène - orateur grec
Les meeting de campagne électorale servent-ils à quelque chose ? " me demandait l’autre jour un ami présent à une réunion électorale, " on n’y trouve jamais que des convaincus !"
Cet ami a raison : On ne convainc pas dans une réunion. Je ne crois pas que quelqu’un qui était décidé à voter pour un candidat puisse sortir d’une réunion électorale en étant convaincu de voter pour un autre. En allant dans une réunion politique au cours d'une campagne électorale, on ne se forge pas une opinion, on se conforte dans une opinion préexistante. Quelle qu’elle soit . Pour ou contre.
Pour autant, les meeting électoraux sont nécessaires. Ils sont la respiration d’une campagne électorale, ils sont l’occasion, pour une famille de pensée, de rassembler ses amis sur un territoire, d’échanger des idées, des arguments, de tester des slogans, de se conforter dans une opinion pour repartir renforcer pour l’étape suivante. Ils sont surtout l’occasion, pour un candidat, de repérer sur qui il peut compter.
Dans un meeting, ce qui est souvent le plus intéressant, c’est de repérer qui aurait pu être là et n’a pas fait le déplacement. De ce point de vue, la campagne des présidentielles, tout autant que celle des législatives, aura été très intructive pour le militant que je suis !
Les déclarations de P. Labaune au Dauphiné Libéré publiées le 3 juin éclairent de façon évidente la curieuse conception du rôle de député que se fait le sortant de la 1er ciconscription de la Drôme. En forçant à peine le trait, on a le sentiment que P. Labaune se pense en assistante sociale plus qu’en législateur. " les préoccupations et les soucis des gens au quotidien, c’est ça mon premier travail…" On pourrait être d’accord avec lui, si après le premier travail, venait le second qui est le travail essentiel !
Cette conception est particulièrement surprenante venant de quelqu’un qui fut, dans sa vie professionnelle, professeur de sciences politiques. Si le député doit évidemment être au contact direct des populations qu’il représente, et parfaitement au courant de leurs problèmes, il est aussi – et surtout - celui par qui le peuple dit la loi. Un député représente bien sa circonscription mais également la Nation toute entière. C’est dire que, quand il a représenté sa circoncription, il n’a fait que la moitié de son travail et s’il n’utilise pas sa connaissance du terrain pour débattre et peser sur l’élaboration de la loi quand elle se discute au Parlement ou en commission, alors il n’est pas un député. Il est un observateur de la vie publique et non un acteur.
Patrick Labaune s’exonère facilement du travail spécifique du député. Il considère qu’en reçevant les citoyens et à faisant des courriers aux ministères – courrier dont on aimerait connaître le taux d’aboutissement positif – il a joué le rôle qui lui est dévolu par la Constitution. C en’est pas le cas. En fait ce qu’il appelle sa politique de " proximité " se réduit à une politique de communication.
Et ce qui le différencie d’une vraie assistante sociale, c’est qu’une A.S cherche réellement à résoudre les problèmes alors que P. labaune se contente de les écouter et de les transmettre à Paris.
Valence a besoin d’un vrai député, d’un député de plein exercice, pas d'un député canada dry !
Michèle Rivasi a eu du mal avec l’identification de sa candidature à la députation.
La bannière de son blog dit : Candidate de la gauche et des écologistes.(michelerivasi.canalblog.com) Il y a là une petite escroquerie. A ma connaissance, à aucun moment – et on peut sans aucun doute le regretter - il n’y a eu la moindre tentative d’avoir un candidat unique de la gauche dans la 1ère circonscription de la Drôme, ce qui eut été bien utile pour battre le député sortant. Personne ne peut donc revendiquer être le représentant de LA gauche et que Michèle ait pu , à un moment, penser à ce slogan est pour le moins étonnant.
L’affiche placardée sur les panneaux officiels porte donc : Candidate de gauche et des écologistes. C’est plus raisonnable et sans doute plus exact.
Pour autant, cette nouvelle identification pose de belles questions. De gauche et des écologistes. Cette candidature est-elle celle de tous les écologistes dans leur diversité ? Les écologistes sont-ils donc tellement ailleurs qu’à gauche qu’il faille les ajouter explicitement à une candidature qui se caractérise déjà comme étant de gauche ?
Peut-être faut-il comprendre finalement : candidate des écologistes de gauche ? Allez savoir ?
Et pourquoi pas simplement : candidate des Verts ? C'est simple, c'est clair et c'est vrai !
Toute la riche ambiguité de Michèle Rivasi est dans ces flottements langagiers !
Pour accèder au clip de campagne du MRC, Cliquer sur le lien suivant.
http://www.dailymotion.com/video/x24qmy_clip-mrc-legislatives-1
Bonne audition.
Patrick Labaune prétend avoir fait 63 753 interventions par courrier au cours de ses cinq ans de mandat de député. (Voir son prospectus électoral page 4). Ce chiffre est proprement renversant !
En effet, 63.753 interventions en 5 ans, c'est 12 750 interventions par an !
Sans vacances, ni dimanche, ni jours fériés ce ne sont pas moins de 12 750 / 365 = 35 interventions, en moyenne, tous les jours de l'année. Même si P. Labaune est comme Napoléon ,capable de dicter plusieurs lettres à la fois, le temps d'étudier le problème, de concevoir la réponse et de la formaliser, on admettra qu'il faut au moins 1/4 d'heure par intervention, soit 35 quarts d'heures , soit, si je compte bien, 8 heures 45 par jour.
A 8 heures 45 de travail par jour, sans un jour de repos, uniquement pour traiter les interventions par courrier, même en s'y mettant à deux, on comprend pourquoi P. Labaune n'a pas le temps de sièger très souvent à l'assemblée nationale !
Je suggère aux électeurs de le mettre au repos !

