Cette année là, dans cette ville de province, les charges avaient si sensiblement augmentées par rapport aux prévisions (notamment sur les postes eau et chauffage) que le montant de la régularisation due par les locataires HLM atteignait parfois plus de 20% de la provision versée.
D’ordinaire ces régularisations étaient connues en mars ou avril. Mais, cette année là, le Président de l’office HLM était aussi candidat au renouvellement de son poste de député. Evidemment, adresser avant l’élection ces factures particulièrement salées à la population des HLM - qui se trouvaient être composée d’électrices et d’électeurs - présentait quelque risque du point de vue électoral. Imaginez que ces électeurs se fâchent et ne mettent point dans l’urne le bulletin au nom du député-président !
Il vint alors à ce député-président, qui était très malin, une idée toute simple : le deuxième tour de l’élection tombait un 17 juin. Il suffisait d’adresser les factures le 18. Personne ne pourrait trouver dans la mauvaise gestion prévisionnelle des charges un motif de refuser sa voix au député-président. Ce qui fut dit fut fait. Les factureus arrivèrent le 20. Le Président avait été réélu député !
Toute ressemblance entre cette histoire et des faits s’étant réellement déroulés n’est évidemment pas le fait du hasard.
20 septembre 2004 , séance du conseil municipal. A grand renfort de trompette, le président de l’office HLM, le député Patrick Labaune, présentait un vaste projet de rénovation urbaine des quartiers de Valence le Haut, La Chamberlière, Le Polygone et Valensolles. Le lendemain, pleine page, la presse locale nous annonçait un chantier de 25 millions d’euros. On allait voir ce qu’on allait voir !
25 juin 2007, trois ans après, séance du conseil municipal. Où en est-on de ce programme de rénovation ?L’adjoint chargée du dossier a donén des inforlations précises. En juillet, la ville, l’OPHLM et la préfecture signeront un protocole de préfiguration pour la rénovation urbaine des quartiers qui ne concernera, finalement, que le quartier de Valence le Haut. Avant d’obtenir les engagements définitifs de ses partenaires, la ville devra encore fournir des précisions convaincantes sur quelques questions fondamentales : les programmes de logements neufs à réaliser sur le site, l’identification des réserves foncières prévues pour acceuillir des programmes locatifs sociaux, un plan de relogement des ménages concernés par les futures démolitions.
A ces conditions, en Juillet 2008, l’agence Nationale pour le renouvellement urbain signera l’acte définitif d’engagement et financera les opérations engagées à hauteur de 2 273 542 euros, soit moins de 10 % de la sommes annoncée en 2004.
Quatre ans pour n’obtenir que moins de 10% de ce qu’il annonçait : le Député-Président fait preuve d’une redoutable efficacité ! La communication n’est pas l’action ! La rénovation des quartiers concernés est une nécessité. Il faudra la réaliser. Ce sera un des dossiers majeurs pour la prochaine équipe municipale.
La réponse à l'interrogation portant sur l'utilisation du Chèque Emploi-Service Universel (voir les notes 07-70 et 07-89) vient d'arriver !
Elle est d'un laconisme remarquable, mais elle est. C'est déjà ça. : "Je vous informe que la ville de Valence envisage la mise en place de l'utilisation du Chèque Emploi-Service probablement à la rentrée de septembre 2007."
J'aurais préféré lire : La Ville a décidé la mise en place de l'utilisation du CESU plutôt que envisage la mise en place mais, ma foi, comme disait ma grand-mère, "faute de grives on se contente de merles !"
J’ai déjà évoqué le rapport de la Cour régionale des comptes sur la gestion de Valence Major (note 07-87).
Plusieurs lecteurs m’ont réclamé des précisions. Voici quelques extraits du rapport : .
Situation financière : " Résultat comptable en diminution,…une capacité d’autofinancement réduite et un endettement en forte progression. Les annexes des documents budgétaires (état des subventions versées, provisions constituées) sont insuffisantes au regard des obligations légales et devront être améliorées. "
Personnel : Le directeur général des services de la ville de Valence s’est vu confier une mission d’étude et de conseil. Les quatre notes établies depuis 2002 ne paraissent pas suffisantes pour justifier les indemnités versées (22 753,74 € en deux ans).
Développement économique : Les statuts de Valence Major lui donnent compétence pour intervenir directement dans le domaine économique en particulier pour la gestion de 5 zones d’activités. L’accompagnement de VM aux porteurs de projets diminue d’année en année : 2002 – 17 % , 2003 – 8 %
Gestion du service ds transports publics : Les rapports présentés au comité syndical sur l’exécution de la compétence transports sont peu lisibles et incomplets. De même, les rapports transmis par le délégataire à Valence Major ne permettent pas une analyse aisée de l’exécution et du coût du service.
On attend avec curiosité les commentaires des responsables concernés et, en premier lieu, du président de Valence Major, par ailleurs 1er maire-adjoint à Valence !
L’attribution des travaux de signalisation de la deuxième tranche des boulevards illustre de façon magistrale la façon dont la ville accepte de se faire " arnaquer " par certaines entreprises.
L’attribution de ce lot s’est faite à 893 428 euros. L’estimation initiale était de 744 118 €. La proposition de l’unique entreprise répondant à l‘appel d’offre est donc supérieure de 20 % à ce qu’on attendait. Cette entreprise n’étant autre que celle qui a fait les travaux correspondants de la première tranche, les estimations ont été faites sur la base des prix qu’elle a pratiqués sur la première partie des travaux. L’estimation est donc parfaitement crédible. En proposant 20 % de plus que l’estimation, il est clair que l’entreprise en question abuse délibéremment de sa position d’exclusivité que, probablement, elle n’ignorait pas, voire qu’elle a organisé.
En acceptant, sans discuter, de payer 20 % de plus que ce que qu’on pouvait raisonnablement attendre, la ville envoie un message clair à l’ensemble de ses fournisseurs : faites votre prix, quels qu’ils soient, nous payerons. Ce message, qui avait déjà été lancé dans le cadre des travaux des boulevards, n’est pas, cette fois encore, tombé dans l’oreille d’un sourd.
A propos d’une autre opération, la Chambre régionale des comptes dénonçait la volonté de la ville de faire vite et, pour cela, sa propension à s’affranchir du formalisme du code des marchés. Dans l’affaire d’aujourd’hui, elle ne s’affranchit pas des règles du code, mais elle passe sous les Fourches Caudines d’une entreprise qui, sachant sa volonté de conduire à tout prix son projet, lui impose les siens.
Les valentinois paieront !

