La violence de la dénégation de M. l’adjoint aux finances lorsque j’ai mis en cause la manœuvre politicienne de la majorité sur la question du devenir du tènement Reynolds montre que j’ai mis le doigt sur une vraie question. (conseil municipal du 17 janvier. DL du 18)
La ville dit avoir été informée officiellement de l’intention de vendre le 26 novembre. La question de la préemption avait donc tout à fait sa place dans le cadre de la discussion du projet de budget en décembre. Tous les arguments présentés aujourd’hui à l’appui de cette opération avaient été déjà formulés à la suite d’une question que j’avais posée dès le mois de novembre. Or, dans le cadre de la discussion budgétaire, aucune allusion n’a été faite à une quelconque perspective de préemption. C’était pourtant bien le lieu idéal pour envisager cette hypothèse.
C’est après la trève des confiseurs, dans les premiers jours de janvier, qu’on apprend, en même temps, qu’un groupe industriel qui a déjà passé des marchés avec la ville de Valence pourrait être intéressé par uen reprise des locaux et que la ville a l’intention de préempter … On ne peut pas ne pas faire le lien entre les deux évènements.
L'intérêt pour la ville de maîtriser le foncier est réel. Il pouvait être exprimé dès le début de l"affaire. Pourquoi ne devient-il un impératif qu'à partir de janvier ?
Quelles sont les véritables intentions de la municipalité lorsqu’elle déclanche brusquement la procédure de préemption ? Cette question été posée. Elle est restée sans réponse. Elle est encore d’une totale actualité.
En mars 2006, le conseil municipal a attribué la maîtrise d'oeuvre de la rénovation du musée (opération que nous avons approuvée dans son principe) sur la base d'un coût prévisionnel estimé des travaux de 11 000 000 euros.
Moins d'un an après, le coût prévisionnel "définitif" est passé à 12 300 000 euros. A quoi s'ajoutent 2 247 810 euros pour la maîtrise d'oeuvre. On en est donc à 14,5 millions, sans compter quelques menus frais d'études préalables déjà payés, et pas loin de 15 millions en les comptant.
12 % d'augmentation net au démarrage, ça promet !
On sait qu’il est des propositions d’apparence honnête qui cachent, en fait, de belles arnaques.Ainsi en va-t-il, probablement, de la proposition que fait l’office HLM de Valence à tous ses locataires de devenir propriétaires de leur appartement.
Le parc HLM a manifestement besoin de rénovation. Le somptueux programme qui avait été présenté en ce sens, le 20 septembre 2004, fait long feu. On nous disait alors que, sur les 3 ou 4 années à venir, on allait : revaloriser l’habitat, conduire des opérations urbaines visant à créer des centres de vie de quartier, par l’installation de commerces, de services aux habitants, d’activités économiques et d’équipements publics etc… améliorer le confort, la résidentialisation, la sécurisation et le parcours résidentiel pour atteindre l’objectif qualité des logement… (note de presse). Quatre ans après, on ne voit pas venir les investissements qui amorceraient sérieusement un tel programme.
Faute donc de pouvoir engager ce qu’il avait annoncé, l’office essaye de vendre ce qu’il ne peut rénover. A charge des futurs acheteurs de financer les travaux qui doivent être faits. Ceux qui se laisseront tenter par l’achat risquent de se trouver, à terme, devant des charges financières de propriétaires et de copropriétaires qu’ils ne sont sans doute pas aujourd’hui en mesure d’apprécier de manière très exacte et qu’ils ne seront peut-être pas, le moment vnu, en mesure d’assumer.
Dans ce cas l’office pourra récupérer son bien par préemption. Lui n’aura rien perdu. Il aura simplement gagné du temps avant d’engager ls frais de rénovation. Beaucoup de propriétaires auront, eux, perdu de l’argent et des illusions.
On sait que l'auto-financement qui atteint pratiquement 12 % des recettes de fonctionnement ne peut s’obtenir que par une pression sur le quotidien des services .
Deux exemples, parmi d'autres, de cette pression: L'entretien des terrains appartenant à la ville (compte 61521) mobilisait 416 900 € en 2007, il revient à 324 800 € en 2008 . C'est 22% de réduction. L'entretien du bâti passe lui de 630 000 € à 605 000 euros soit 4 % de réduction. Ce n'est certainement pas un bon choix que de réduire la qualité de l’entretien courant du patrimoine car si cela allège la charge de fonctionnement dans l’immédiat, il n’est pas certain que ce soit le cas à moyen et long terme.
Tous les chapitres ne sont pas ainsi sacrifiés. La participation de la ville au fonctionnement des écoles privées maternelles passe de 285 000 euros en 2007 à 325 700 en 2008 (+14%). La participation aux écoles privées primaires de 320 000 à 420 200 (c’est + de 30 % d’augmentation). Il faudrait justifier ces chiffres d’augmentation dans un budget globalement stable et alors que la dotation pour les fournitures scolaires ne bouge que de + 1,28 %, soit la moitié de l’inflation prévisible c'est-à-dire que, en réalité, il régressera.
Au projet budget 2008, la différence entre les recettes de fonctionnement et les prévisions de dépenses nécessaires pour assurer la paye du personnel et la vie quotidienne de la ville est précisément de 11 894 090 00 euros. Cette somme est donc disponible pour un transfert à la section investissement. La majorité n’en affectera effectivement que 9 100 00 euros. Le reste : 2 800 000 euros, soit près du quart de la somme, ira en réserve.
L’adjoint aux finances s’insurge quand l’opposition parle de " cagnotte " s’agissant de l’affectation de ces presque 3
millions. " Cagnotte " semble être pour lui un " gros mot " qu’il ne faut pas prononcer !
Il n’est pas honteux de constituer des réserves.
Nous ne condamnons pas le principe d’une " cagnotte ". Nous voudrions simplement savoir à quoi elle est destinée ! Avec 3 000 000 d’euros on peut faire beaucoup de chose. Et beaucoup de choses différentes !

