" Ségolène Royal affirme avoir dû défendre des idées qu'elle ne jugeait "pas crédibles" " Le Monde.
Nous sommes un certain nombre, au MRC comme ailleurs, pour qui Ségolène Royal n’était pas, et de loin, la candidate de notre coeur. Par raison - parce que soutenir la candidate du PS semblait effectivement le seul moyen crédible de faire obstacle au projet ultra-libéral de Sarkozy, et pour être fidèle aux engagements pris - nous avons fait campagne pour elle mettant un couvercle sur nos réticences. Malgré nos réserves, nous n’avons pas ménagé notre énergie, car, à tout prendre, la priorité était bien d’essayer d’éviter la mise en œuvre de régressions majeures auxquelles nous allons aujourd’hui assister.
Apprendre de sa bouche qu’elle ne croyait pas aux idées qu’elle semblait défendre et, excusez du peu : le smig à 1500 euros à la fin du mandat ou les 35 h, ressemble à un pied de nez ou à un bras d’honneur fait à tous ceux qui on fait campagne pour elle. Elle faisait campagne en ne croyant pas à ce qu'elle disait ! Cela signifie aussi que les mesures sociales phares de son " pacte " n’étaient que de la poudre aux yeux et qu’aujourd’hui on ignore tout de ce qu’elle aurait réellement fait sur un terrain majeur pour la vie quotidienne des français.
Une question se pose : Qui est Mme Royal ? Et en annexe : Qu’est-ce que le Parti socialiste ?
En regardant la composition du nouveau gouvernement, on se demande s’il s’agit d’une équipe pour gouverner la France ou du casting pour un feuilleton américain. On a le sentiment qu’on s’est efforcé de pourvoir à tous les rôles : des femmes, des hommes, des jeunes et des vieux, de jeunes loups et des chevaux de retour, des bons, des méchants, des traitres et des fidèles, des représentant(es) des minorités…. On a fabriqué des couples improbables : celle qui pleurait au moment du vote du PACS et la fondatrice de " Ni Putes Ni Soumises " … Il y a même le " nommé par anticipation " qui ne prendra son poste que dans plusieurs mois ! (Et s’il perd la coupe du monde, il démissionne avant d’avoir missionné ?).
Dans tout cela, il y a même ceux qui croient avoir un vrai rôle alors qu’ils ne seront que figurants et qu'ils réciteront le texte que dictera le chef ! Quand vont-ils s’en apercevoir ?
S’il ne s’agissait de l’avenir du pays se serait presque amusant.
" On gagne presque tous les bureaux " se réjouit le nouveau député de la Drôme ! (D.L du 18 juin)
Voire ! Regardons- y de plus près.
Pour un nombre de votants quantitativement le même qu’en 2002 (23 276 contre 23 126). Le gagnant recueille 12 133 voix en 2007 alors qu’il en avait 13 108 en 2002. Il perd donc 975 suffrages.
La candidate du PS, qui en obtenait 9 488, en obtient cette fois 10 213, soit 725 de plus.
Presque 1 000 voix perdues et 3,70%, Patrick Labaune confirme et amplifie au deuxième tour l’érosion de voix qu’on avait pu déjà constater au premier tour. C’est d’autant plus significatif qu’il réalise cette " performance " face à une candidate que beaucoup regardaient avec condescendance et dont on se plaisait à souligner le manque de notoriété et d’expérience. La novice à assuré !
Les rédacteurs du blog hagiographique " J’aime valence " peuvent se réjouir ainsi : " Les jeunes loups de la meute Labaune devront encore patienter. Le chef est encore là et pour quelques bonnes années encore ", le député –presque maire - de Valence est manifestement entré dans une phase déclinante.
A l’opposition d’amplifier cet effet pour les prochaines échéances !
Lors du premier tour des législatives, 22 592 suffrages s’étaient exprimés à Valence. Au second, 22 346 seulement.
Le cumul des voix de droite et d’extrème droite de ce premier tour (UMP, FN, MPF) donnait à Patrick Labaune un potentiel de 11 484 voix pour le second. Il en rassemble effectivement 12 133, soit 649 de plus.
Le potentiel de la gauche, des verts et de l’extrème gauche laissait espérer 9 112 voix pour Zabida Nakib-Colomb. Elle en rassemble 10 213 soit 1 101 de plus.
Conclusion : Les deux candidats, globalement, rassemblent leur camp. Les voix diverses, parmi lesquelles principalement celles du Modem, vont majoritairement à gauche. (C'est assez conforme à ce qui est constaté au niveau national. Selon un sondage CSA-Cisco réalisé dimanche soir (au téléphone, au domicile de 1 000 personnes) 55 % des électeurs ayant voté pour le MoDem au premier tour auraient voté pour le candidat de gauche au second tour, contre 28 % seulement pour le candidat de droite.)
Patrick Labaune gagne, mais il ne triomphe pas. Il améliore un peu (de 4 points), sur son nom, le résultat du deuxième tour de la présidentielle mais ce n’est probablement pas ce qu’il attendait. En effet, 4 points c’est à peine ce que vaut , habituellement, la prime au sortant.
En première appréciation nous dirons que le succès de P. L est un succès, certes, mais un succès en trompe l’œil ! Il pourra aller pantoufler pendant cinq ans à l'assemblée nationale, mais ... pour le reste !
Les choses sont claires pour demain.
Si le parti de Nicolas Sarkozy obtient une majorité trop écrasante au Parlement, pour cinq ans, il n’y aura plus d’obstacle sérieux à la mise en œuvre d’un programme qui considère que les lois du marché et de la concurrence peuvent tout régler. Il n’y aura plus d’obstacle à la remise en cause de ce qui fait le fondement de notre pacte républicain : l’organisation par l’Etat, au travers d’un service public, de la solidarité entre les régions, entre les générations, entre les catégories sociales, au profit d'une société où l'individualisme sera la "valeur" dominante. S’il n’y a pas une opposition suffisante pour contraindre le Président à renoncer à certains de ses projets qui ne servent manifestement qu’une catégorie de la population : la plus aisée économiquement, nous risquons d’entrer dans une société où les conflits sociaux deviendront la seule arme des pauvres et des plus démunis.
Ce n’est pas ce qui est souhaitable pour la France et les Français.
Il faut donc envoyer au Parlement une opposition significative - et là où nous ne gagnerons pas - il faut qu'un maximun d’électeurs fasse savoir, par leur vote, leur opposition aux mesures qui déjà s’annoncent : hausse de la TVA, franchise sur les soins médicaux, suppression de la carte scolaire…. Ce sera le moyen de faire savoir aux élus qu'ils ne représentent pas que leur camp.
Demain, dans un sens ou dans l'autre chaque voix comptera !