La liberté de l’enseignement – c’est-à dire la possibilité d’ouvrir et d’entretenir des écoles privées – est un principe qui n’a jamais été mis en cause en France par aucun gouvernement. Les laïcs les plus conséquents, Jules Ferry en tête, n’ont jamais revendiqué pour l’Etat le monopole de l’enseignement.
Pour autant, la liberté de l’enseignement ne peut pas conduire à la prise en charge par la collectivité publique des frais de création, d’entretien et de fonctionnement des écoles privées. L’Etat doit offrir à toutes les familles la possibilité de scolariser gratuitement leurs enfants de 6 à 16 ans. C’est le service public. Ceux qui préférent – pour des raisons qui n’ont pas à être jugées - recourir à une autre forme de scolarisation, ont tout loisir de le faire en assumant les charges consécutives à leur choix. Les fonds publics doivent financer le service public ! Les fonds privés le secteur privé !
A cet égard, le décret d’application de l'article 89 de la loi de décentralisation du 13 août 2004 qui oblige les communes à verser le forfait communal à l’école privée choisie par les parents, même si cette école est située dans une autre commune que la commune de résidence, constitue une anomalie grave dans la législation d’une République laïque. Par ailleurs cette oblibation met en péril l'existence même de l'école dans des communes rurales qui risquent de devoir payer...pour voir leur école fermée.
Un Collectif pour la promotion et la défense de l’école publique de proximité – dont le siège est situé dans une mairie rurale : Mairie de Courteranges, place Aimé Chanet, 10270 Courteranges, lance une pétition pour l’abrogation de ce décret. Je m’associe à cette démarche et vous invite à aller visiter le site de ce collectif et à signer cette pétition. http://ecoledeproximite.free.fr
Comme chaque année à cette période, l’école républicaine est l’objet de nombreuses attaques.
Un rapport du Haut Conseil de l'Education fustige l'incapacité de l'école primaire de mettre en place une réelle égalité de chances…. accrédite l’idée que 40 % des enfants arriveraient au collège sans maîtriser les "bases" : lire, écrire, compter, parler etc…. Une émission, récemment diffusée sur Canal +, est une véritable charge contre l’enseignement public, ….
Tout ne va pas bien dans le système scolaire. Loin de là. C’est une évidence. Beaucoup de choses sont à réformer. Mais il ne faudrait pas se tromper de combat. A s’acharner à vouloir démontrer que l’école d’aujourd’hui fait faillite au plan pédagogique et qu’il faudrait en revenir aux-bonnes-vieilles-méthodes-qui-ont-fait-leurs-preuves-dans-le-passé, on encourage la curée à laquelle se livrent ceux qui voudraient voir l’éducation et l’instruction sortir de la sphère des services publics pour devenir de simples marchandises qui se vendent et s’achètent comme des cacahuettes ou des citrons.
Un de mes amis disait : ma prochaine voiture ne sera pas une 2 cv et je ne demanderai pas à mon médecin de me soigner comme celui de mon père le faisait il y a 50 ans. Il a raison. Toutes " les innovations " pédagogiques ne sont pas bonnes à prendre, mais les bonnes-vieilles-méthodes-qui-ont-fait-leurs-preuves-dans-le-passé ne s’appliquaient pas à l’école de masse. Sachons raison garder. Ne nous interrogeons pas seulement sur les causes pédagogiques, mais aussi sur les causes sociales, économiques et culturelles de l’échec scolaire et n’oublions pas de relire le sondage publié par le Dauphiné Libéré du 6 septembre : 88 % des 4418 personnes interrogées sont très ou plutôt satisfaites de l’école. Un sondage n’est qu’un sondage, mais il y a là de quoi relativiser les critiques des contempteurs de l’école publique.
Entre " l’ouverture " à la mode Sarkozy et la démocratie, je choisis la démocratie !
Ce que la droite appelle l’ouverture, c’est la confusion.
L’opération politicienne consiste à prendre appui sur le narcissisme et l’ego d’hommes et de femmes, désireux de notoriété, en leur proposant d’accèder à l’apparence du pouvoir sous condition de se mettre au service de la politique des majoritaires. Un titre, un salaire, une voiture de fonction, contre le renoncement à l’indépendance de penser et d’agir. Prétendre que la manœuvre traduit un respect de la minorité relève de l’abus de langage.
La démocratie, c’est tout autre chose. Saisis de plusieurs propositions contradictoires, les électeurs choisissent. Ils définissent une majorité et une minorité. La majorité reçoit la charge des décisions finales pour ce qui concerne l’organisation la vie collective. Mais, avant de prendre cette décision, cette majorité ne peut oublier que la démocratie n’attribue pas un pouvoir discrétionnaire, arbitraire et illimité. Qu’elle interroge la minorité et entende, avant de trancher, ce qu’elle a à dire, traduit une saine conception de la vie publique. Qu’elle l’associe à certaines décisions qui peuvent être prises de manière consensuelle, relève du simple bon sens.
Je crois qu’une honnête pratique démocratique vaudra toujours mieux qu’une hypocrite ouverture !
Le respect mutuel et la santé de la vie politique ont tout à y gagner !
Kouchner, Lang, Rocard, Attali, Besson etc… Ces personnalités, que l’on pensait de gauche, acceptent des postes et des missions proposées par un président de la République de droite dont ils ont, dans le passé, apparemment combattu les orientations. Ils justifient cette collaboration en prétendant qu’ils se veulent au service de la France et que, à tout prendre, il est normal que la majorité consulte l’opposition.
Certes : il est normal que la majorité prenne l’avis de l’opposition avant de décider. Il y a un Parlement pour cela. Pour entendre la diversité des opinions il suffit d’écouter la représentation nationale. On peut même créer des commissions constituées à la proportionnelle de la représention de chaque courant à l’Assemblée qui auront à fournir des analyses, des avis, voire des propositions.
En acceptant personnellement des missions hors de ce cadre de la représentation nationale, les transfuges de gauche se mettent clairement au service d’un président de droite qui n’a jamais caché son intention d’appliquer la politique qu’il a annoncée et pas une autre. Les Besson, Attali, Rocard, Lang ou Kourchner peuvent toujours prétendre qu’il sont de gauche, et qu’ils exprimeront des opinions de gauche. S’ils donnent des avis (peut-être) de gauche, le Président lui fera (à coup sûr) une politique de droite.
Alors à quoi cela sert-il de vendre son âme pour un maroquin ?
" Ségolène Royal affirme avoir dû défendre des idées qu'elle ne jugeait "pas crédibles" " Le Monde.
Nous sommes un certain nombre, au MRC comme ailleurs, pour qui Ségolène Royal n’était pas, et de loin, la candidate de notre coeur. Par raison - parce que soutenir la candidate du PS semblait effectivement le seul moyen crédible de faire obstacle au projet ultra-libéral de Sarkozy, et pour être fidèle aux engagements pris - nous avons fait campagne pour elle mettant un couvercle sur nos réticences. Malgré nos réserves, nous n’avons pas ménagé notre énergie, car, à tout prendre, la priorité était bien d’essayer d’éviter la mise en œuvre de régressions majeures auxquelles nous allons aujourd’hui assister.
Apprendre de sa bouche qu’elle ne croyait pas aux idées qu’elle semblait défendre et, excusez du peu : le smig à 1500 euros à la fin du mandat ou les 35 h, ressemble à un pied de nez ou à un bras d’honneur fait à tous ceux qui on fait campagne pour elle. Elle faisait campagne en ne croyant pas à ce qu'elle disait ! Cela signifie aussi que les mesures sociales phares de son " pacte " n’étaient que de la poudre aux yeux et qu’aujourd’hui on ignore tout de ce qu’elle aurait réellement fait sur un terrain majeur pour la vie quotidienne des français.
Une question se pose : Qui est Mme Royal ? Et en annexe : Qu’est-ce que le Parti socialiste ?

