A cinq semaines des élections, le conseil municipal d’hier a été une sorte de compilation de tous les " trucs " de la majorité sortante : une avalanche de subventions exceptionnelles non programmées qui entraînent déjà une modification du budget voté il y a à peine plus d’un mois (plus de 75 000 euros) ; des subventions de complaisance à certaines communautés religieuses ; " l’oubli " de quelques délibérations génantes contestées en commission et renvoyées à plus tard (en particulier un avenant hors délais concernant une borne Sagem) ; la dénégation tout à fait ridicule d’un retard de trois semaines pris par le chantier des boulevards par suite d’un changement de programme destiné à complaire à des intérêts particuliers (un courier public de Mme le Maire reconnaît ce retard) ; l’accusation récurrente de malhonnête intellectuelle proférée par la majorité à l’égard de l’opposition ; l’auto-célébration des " bons résultats " de cette majorité qui a toujours raison en tout et pour tout, etc… Bref, on a eu droit à toute la panoplie des pratiques habituelles !
Une séance de routine qui n’avait de particulier que d’être la dernière séance de cette mandature !
Le 20 septembre 2004, dans un grand bruit de tambours et de fanfares, le Président de l’OPHLM, par ailleurs député de la 1ère ciconscription de la Drôme, nous annonçait un splendide projet : 25 000 000 d’euros engagés en quatre ans dans la rénovation du logement social. Belle affiche : 25 millions pour les Boulevards - 25 millions pour les HLM. La stricte égalité entre les deux pôles : le prestige et le social !
Où en sommes nous aujourd’hui ?
La facture " boulevards " est montée à plus de 50 millions. Le 27 juillet 2007, le protocole signé avec l’agence Nationale de Rénovation urbaine a acté des projets de rénovation de l'habitat pour 2 454 185 euros.
Entre l'annonce et le réalisé, le coefficient correcteur a été : Multiplié par deux pour le prestige ; Divisé par 10 pour le social. La conclusion s’impose d’elle-même.
A vous de juger !
Avec la préemption du local Reynolds, la majorité municipale sortante voudrait donner à croire qu’elle est à l’initiative dans le domaine économique et au service du développement de l’emploi. Une telle dynamique n’avait pas sauté au yeux de la chambre régionale des comptes qui notait dans son dernier rapport sur la gestion de la ville : "Le service économique, à la mairie de Valence, est composé d'un chargé de mission", ce qui est évidemment une structure plus que lègère, quel que puisse être le dynamisme de cet agent. La ville ne suit pas particulièrement les résultats de son intervention économique...Il n'y a pas de présentation de bilans des actions menées dans le domaine économique au conseil municipal....Aucune commission spécifique du conseil municipal n'a été constituée en son sein sur les questions économiques.
Le soudain intérêt que cette majorité voudrait afficher pour l’investissement économique et l’affirmation qu’elle avance à l’appui de son initiative : seule une collectivité peut maintenir les équilibres économiques à l’échelle de l’agglomération sont trop en contradiction avec les affirmations et les pratiques qu’elle nous a donné à entendre et à voir tout au long de ce mandat pour que nous ne soyions pas très interrogatifs sur les buts réels qu’elle poursuit effectivement.
La majorité sortante se serait-elle brusquement convertie aux vertus de l’intervention publique ? Qu’est-ce qui la fait courir ? Pour quels intérêts roule-t-elle ?
La violence de la dénégation de M. l’adjoint aux finances lorsque j’ai mis en cause la manœuvre politicienne de la majorité sur la question du devenir du tènement Reynolds montre que j’ai mis le doigt sur une vraie question. (conseil municipal du 17 janvier. DL du 18)
La ville dit avoir été informée officiellement de l’intention de vendre le 26 novembre. La question de la préemption avait donc tout à fait sa place dans le cadre de la discussion du projet de budget en décembre. Tous les arguments présentés aujourd’hui à l’appui de cette opération avaient été déjà formulés à la suite d’une question que j’avais posée dès le mois de novembre. Or, dans le cadre de la discussion budgétaire, aucune allusion n’a été faite à une quelconque perspective de préemption. C’était pourtant bien le lieu idéal pour envisager cette hypothèse.
C’est après la trève des confiseurs, dans les premiers jours de janvier, qu’on apprend, en même temps, qu’un groupe industriel qui a déjà passé des marchés avec la ville de Valence pourrait être intéressé par uen reprise des locaux et que la ville a l’intention de préempter … On ne peut pas ne pas faire le lien entre les deux évènements.
L'intérêt pour la ville de maîtriser le foncier est réel. Il pouvait être exprimé dès le début de l"affaire. Pourquoi ne devient-il un impératif qu'à partir de janvier ?
Quelles sont les véritables intentions de la municipalité lorsqu’elle déclanche brusquement la procédure de préemption ? Cette question été posée. Elle est restée sans réponse. Elle est encore d’une totale actualité.
En mars 2006, le conseil municipal a attribué la maîtrise d'oeuvre de la rénovation du musée (opération que nous avons approuvée dans son principe) sur la base d'un coût prévisionnel estimé des travaux de 11 000 000 euros.
Moins d'un an après, le coût prévisionnel "définitif" est passé à 12 300 000 euros. A quoi s'ajoutent 2 247 810 euros pour la maîtrise d'oeuvre. On en est donc à 14,5 millions, sans compter quelques menus frais d'études préalables déjà payés, et pas loin de 15 millions en les comptant.
12 % d'augmentation net au démarrage, ça promet !

