Le Dauphiné libéré avait donné le ton avec sa " une " du jour : Boulevards : des travaux illicites ? Le débat attendu en conseil municipal sur les avenants au marché des boulevards a bien eu lieu.
La majorité nouvelle a refusé d’accepter des avenants validant, après-coup, des travaux déjà exécutés et des frais engagés par la majorité sortante dans des conditions irrégulières au regard des règles des marchés publics.
En s’abstenant sur la proposition de rejet qui était présentée, les nouveaux minoritaires ont reconnu, du bout des lèvres, les fautes qu’ils avaient commises comme majoritaires. Ils n’ont donc pas couvert les pratiques irrégulières qui avaient été les leurs. C’est là une manière indirecte de reconnaître le bien fondé de notre argumentation et un désaveu, discret mais réel, des pratiques de l’équipe sortante, laquelle s’exonérait volontiers d’un respect scrupuleux du code.
Dont acte !
La "politique" locale ne peut ignorer la situation nationale. Le plan d’austérité - qui ne dit pas son nom – tel qu’il est annoncé, pésera lourd sur les citoyens et sur les collectivités locales. Le gouvernement envisage en effet d’économiser 7 milliards à l'horizon 2011 dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques. Il a annoncé le non-remplacement de 35 000 départs à la retraite dans la fonction publique l'an prochain, après la suppression de 23 900 postes cette année. D’après certains analystes cela ne permettra d'économiser " que " 500 millions d'euros par an. Il faudra donc chercher des économies ailleurs et réduire certains engagements budgétaires. On peut craindre pour tous les services publics et pour les dotations aux communes et aux collectivités locales.
Dans ce contexte, l’élaboration des budgets municipaux pour 2009 (budget général et annexes) va être un exercice extrèmement difficile. Pour Valence, l’obtention d’une subvention à la hauteur attendue pour la rénovation du musée (par exemple) est une perspective qu’on ne peut tenir pour acquise. Que sera la dotation globale de fonctionnement ?
L’équipe municipale a donc devant elle un gros travail de programmation a faire et des choix à hiérarchiser : de belles discussions en perspective notamment au cours de son séminaire de travail prévu pour le 11 juin.
Le prochain conseil va avoir à connaître du bilan des achats et des ventes de terrains et d’immeubles effectués en 2007 par l’ancienne municipalité.
Quelque chiffres significatifs :
La ville a vendu pour 5 838 457, 64 euros et elle n’a acheté que pour 1 496 901,13 euros de biens. Trois grosses opérations expliquent le chiffre des ventes : l’immeuble de l’ancien collège Maurice Faure pour 1 328 503,84, un ensemble de 5 immeubles avenue V. Hugo pour 537 500, 00 et surtout la vente de 170 653 m2 de terrain à l’Etat pour la construction future d’une nouvelle prison (3 413 060,00 euros).
Les acquisitions ont essentiellement été faites pour procéder à des alignements de voirie. En dehors des achats effectués à cette fin, on ne trouve guère que l’achat de 23 000 m2 de terrain pour des aménagements futurs. Une seule opération porte sur 19 889 m2 au Petit Rousset. Ainsi la ville a cédé près de 200 000 m2 de terrain et n’en a acquis que 23 000.
La trésorerie s’est trouvée facilitée par ces ventes. L’écart entre vente et achat a probablement servi à rembourser une part de la dette et à…financer les boulevards, mais le patrimoine de la ville s’est effectivement réduit.
Est-ce une bonne politique de gestion du patrimoine ? Pas sûr !
Nous l’avons dit dans toutes nos réunions électorales, les marges de manœuvre de la nouvelle équipe municipale seront limitées par deux boulets : la nécessité de terminer et de financer l’aménagement des boulevards et l’obligation de conduire le chantier du musée engagé dans des conditions financièrement hasardeuses par les sortants. Le débat qui s’amorce sur le sort de ce projet de rénovation vient légitimer le propos. (voir DL du 13 et du 16 avril)
Le maire a tout à fait raison de reprendre une copie mal préparée. C’est son devoir de le faire. Mais à la question posée par le journal : " Et si le nouveau musée restait dans les tiroirs ? " la réponse est forcément : non et c’est bien en cela, dans cette " contradiction " entre la nécessité de reprendre la copie et l’obligation d’en rendre une, que réside tout le problème.
La rénovation du musée a en effet déjà coûté 1.362.000 euros : construction des nouvelles réserves. (A quoi il faut ajouter le coût du déménagement des collections). Les honoraires d’architectes sont d’ores et déjà dûs. Un renoncement au projet entraîenerait, par ailleurs, des indemnités de dédommagement. Les bâtiments sont vidés de leur contenu et devront de toute manière être entretenus. Les collections stockées dans les réserves devront être, un jour ou l’autre, redéployées dans des locaux nouveaux. Tout retard pris dans la planification annoncée coûtera forcément de l’argent.….Il est donc hors de question de renoncer à l’opération, sauf à accepter un gaspillage de plusieurs millions d’euros. Aucune municipalité ne peut se permettre cela.
Valence a besoin de son musée. Un tel outil culturel représente une richesse pour la ville et il serait tout à fait irresponsable de renoncer à le faire vivre, le développer et l’améliorer. On ne peut cependant pas le faire à n’importe quel prix alors même que l'ajournement et la reprise du projet actuel coûtera à la collectivité. La nouvelle équipe municipale doit donc traiter là son premier problème politique majeur. Elle a des choix essentiels à faire.
Dans le cadre de sa réforme de l’enseignement primaire, le ministre de l’éducation nationale sollicite les communes pour mettre à disposition des classes, pendant les congès scolaires, afin d’y organiser des stages de soutien aux enfants en difficulté.
Le propos ne serait peut-être pas sans intérêt s’il ne s’agissait pas, à l’évidence, d’une mesure démagogique qui s’accompagne, par ailleurs, d’une baisse de l’horaire hebdomadaire obligatoire : 24 h à la place de 26 h et d’une réforme des programmes qui est largement contestée par les organisations syndicales les plus représentatives des enseignants du primaire : SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNUipp-FSU, et des corps d’inspections qui seront chargés de faire appliquer cette réforme. 19 organisations écrivent dans un communiqué commun : Le projet que vous nous présentez … ne favorisera pas la maîtrise de l'ensemble commun des connaissances et des compétences que l'école doit faire acquérir à tous les élèves. Il tourne le dos à l’ambition des programmes de 2002 qui était de doter tous les élèves des outils nécessaires pour réussir au collège.
Des horaires réduits, un programme contesté, la commune doit-elle favoriser l’accompagnement d’une telle réforme en ouvrant ses écoles pendant les vacances ? Il faut y regarder à deux fois. Il n’est pas certain qu’en faisant cela nous allions dans le sens du developpement d’une école laïque performante ! Comme ancien formateur de maîtres, et aujourd’hui comme élu, je suis même persuadé du contraire.
Projet de programmes de l'école primaire : Copie à revoir !
Pour signer l'appel en ligne http://www.programmesecoleprimairecopiearevoir.org/?petition=3
