Quand est-ce que le M.R.C rejoint le P.S ? (comprendre : quand est-ce que tu prends ta carte au P.S), me demandent certains de mes amis adhérents à ce parti. (Et j'en ai de très sincères)
Au risque de les décevoir, cette hypothèse n’est à l’ordre du jour ni au plan national ni au plan local.
Le Mouvement Républicain et Citoyen a de solides divergences de fond avec le PS. Sur la place du social-libéralisme, par exemple, ou sur les conditions de la construction européenne. Pour autant, nous sommes un parti responsable. Lorsque, dans une élection, nous estimons ne pas être en mesure de défendre efficacement notre point de vue (à la différence des élections présidentielles de 2002 par exemple), nous savons faire le choix entre nos partenaires et nos adversaires. Ainsi, sur la base d’un accord politique, nous avons soutenu la candidate du PS à la présidentielle, puis aux législatives. Cela dit, ces soutiens ne doivent pas être interprêtés comme les prémices d'une disparition. Rassemblement et union ne signifient pas ralliement ou assimilation. Nous gardons totalement notre identité et nos convictions.
Illustration. Au plan local, lors du premier tour des municipales, nous avons participé à la démonstration qu’il existait, en dehors du PS, une gauche reconnue par les électeurs : 24 % à Montélimar, 20 % à Valence. Au deuxième tour, nous avons assumé nos responsabilités en participant au rassemblement de toute la gauche. Cette union, souhaitée par les électeurs, et victorieuse à Valence, ne dissout pas notre identité du premier tour et ne substitue pas le programme du PS au nôtre. Nous entrons dans l’union avec nos propositions. Nous serons des partenaires loyaux dans tous nos engagements majoritaires, mais " loyaux " ne signifie pas alignés, soumis ou complaisants.
Au plan national, le MRC appelle à la rénovation républicaine de la gauche, pas à la fusion de toute la gauche dans le PS. En juin, il tiendra congrès pour parler d’avenir. J’y serai.
Quinze jours après son installation officielle (le 22mars), la nouvelle équipe municipale est, grosso modo, en ordre de marche. Le cabinet du maire est en place, chaque élu a trouvé un coin (1) pour travailler, les contacts avec les services ont été établis, les premières décisions vont pouvoir être prises.
Il s’agira d’abord de faire face aux situations laissées par l’équipe précédente. Certaines opérations devront être poursuivies, voire accélérées (deuxième tranche des boulevards, plan ANRU, aménagement sortie sud de la ville…), d’autres réexaminées, voire remises en cause dans la mesure où elles ne correspondent pas au projet que les électeurs ont validés. Ainsi en va-t-il du projet d’extension du stationnement payant que la majorité sortante avait prudemment gardé sous le coude à la veille des élections ou de la mise en place d’une vidéo-surveillance sur certains secteurs de la ville.
Il faudra ensuite engager rapidement la mise en oeuvre de la nouvelle politique : évolution du réseau des transports urbains, mise en place des élus référents par quartiers, réexamen des délégations de services publics, économie d’énergie, etc …
Une des priorités sera de revoir de fond en comble la manière d’associer le personnel municipal à la mise en œuvre de cette nouvelle politique.
Bref…il y a du pain sur la planche !
(1) Je parle bien de " coin " et non de bureau. Le bâtiment municipal, livré en 1894, n’a pas été conçu pour ce qu’est devenue la gestion d’une collectivité locale de 70 000 habitants au cœur d’une agglomération de plus de plus 120 000. Certains collègues partagent à trois une pièce de moins de 10 m2, un téléphone et un ordinateur retiré des services pour cause d’obsolescence. Le luxe !
Un des lecteurs de ce blog – qui visiblement ne partage pas mes points de vue – commente ainsi le fait que je continuerai à m’exprimer par ce moyen écrit : C'est une erreur que vous faites Monsieur! Devrions nous vous rappeler que vous êtes élu!!! Et de ce fait les conflits partisans ne sont plus à l'ordre du jour... vous perdez toute votre légitimité. Ce propos appelle quelques observations.
L’élu devrait-il, parce qu’il est élu, se tenir en dehors des conflits partisans ?
Ce n’est pas mon point de vue. Si l’on est élu c’est bien parce qu’on a pris un parti en proposant des idées à mettre en œuvre pour ce qui nous semble être le bien commun. Qu’une majorité ait choisi de nous confier la gestion des affaires communes nous oblige à être fidèles à ce que nous avons proposé et donc à être…partisans. Cela exige de rester fidèle au parti-pris qui a été validé par les électeurs, qu’on le défende et qu’on lui donne une traduction concrète.
Que la position d’élu nous oblige à considérer que nous ne sommes pas détenteurs d’un pouvoir discrétionnaire de faire ce que nous voulons et que nous devons entendre la voix de l’opposition est une telle évidence que c’est une des premières réflexions que j’ai noté après l’élection : voir note 08.72. Avoir des idées et les défendre, polémiquer aux besoins avec ceux qui en défendent d’autres, peut parfaitement se faire dans le plus scrupuleux des respects des interlocuteurs. Je combats des idées et des pratiques, jamais des hommes.
Je perdrais ma légitimité dans le cas où, ayant dénoncé des pratiques politiques et ayant contribué à faire valider une autre orientation, je renonçais à être fidèle à moi-même et à ceux qui m’ont accordé leur voix.
La polémique soulevée autour de l’indemnisation des élus relève du mauvais procés.
Le volume théorique de l’enveloppe indemnitaire des élus est fixée par la loi.
Il se calcule à partir d’une formule fixant la rémunération du maire et des adjoints. Il n’est théoriquement pas prévu de rémunération pour les conseillers délégués qui ne peuvent être indemnisés que par ponction de ce qui est prévu pour le maire et ses adjoints. Cette enveloppe fixée, son montant est réparti selon des pourcentages votés par le conseil municipal en référence à l’indice terminal de la fonction publique. Le montant total des sommes allouées ne peut évidemment pas dépasser le volume théorique fixé par la loi.
En 2001, Patrick Labaune étant maire, son indemnité avait été fixée à 145 % de l’indice de référence. (délib du 26 mars2001). En 2004, Léna Balsan étant maire, ce pourcentage a été fixé à 95 % du même indice. En 2008, Alain Maurice étant maire, le pourcentage retrouve son niveau à 146%. S’agissant des adjoints, en 2001, ils touchaient 57% de l’indice de référence, en 2004, 59% et en 2008 ce sera 52,4 %. Pour les conseillers délégués : 5,8 % sous Labaune, 13,8 % sous Balsan et 17,61 % sous Maurice.
On ne voit pas où se situe le scandale. Tout ce que l’on peut dire, c’est que Mme Balsan a renoncé, pour des raisons qui lui appartiennent, à un pourcentage significatif de sa rémunération, ce qui a permis de donner un peu plus aux adjoints et aux conseillers délégués que sous la mandature de Patrick Labaune. Alain Maurice sera traité comme Patrick Labaune l’avait été. Ses adjoints seront un peu moins rémunérés que ceux de l’ancien maire et les délégués un peu mieux.
Il n’y a pas là matière à scandale. Sous les trois maires, le chiffre global reste déterminé selon exactement les mêmes critères.
La page " Valence " du Dauphiné libéré de ce jour reprend les thèmes d’une intervention de M. Maire lors du dernier conseil et donne la parole au leader de l’opposition sur les différentes questions soulevées. Bon travail d’information. Ces propos, méritent pourtant de nombreux commentaires qui peuvent éclairer le débat.
Sur le chauffage urbain par exemple. Nicolas Daragon, conteste l’appréciation d’Alain Maurice quant à l’aspect préoccupant de la délégation de service public. Il rappelle que le contrat avec le fermier a éte prolongé de cinq ans " afin de passer en cogénération supprimant l’utilisation du charbon qui venait d’Afrique du Sud ".

Vrai. Mais !
1° Cette opération de transformation de la chaufferie s’est faite sans appel à la concurrence et par une négociation de gré à gré avec le fermier en place. Etait-ce une bonne manière de conduire l’opération ? Probablement pas.
2° Compte tenu de la hausse vertigineuse du prix de l’énergie utilisée en substitution du charbon : le gaz naturel, et du blocage du prix de l’électricité produite et revendue à EDF, l’opération est devenue financièrement sans intérêt, voire, à terme, pénalisante pour le coût de l’énergie servie aux usagers. La question doit donc être posée de l’intérêt du maintien de la cogénération à partrir du gaz ou du recours à d’autres énergies, celles issues de la biomasse par exemple.
Dossier complexe donc qui ne relève pas d’un folklorique " combat des chefs ", mais appelle une vraie réflexion politique dans laquelle chacun doit prendre sa part.