<< La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir. >>
Pierre Mendes-France
Même si nous assistons à une certaine décroissance, - 1% en un an, la réalité du chômage reste lourde dans notre département.
Les dernières statistiques publiées par l’INSEE (www.indices.insee.fr ), en novembre 2006, montrent en effet que la Drôme présente un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale qui s’établit à 8,8% de la population active. Nous en sommes à 9,6 %. (L’ardèche est à 9). Le département du territoire métropolitain où le chomage est le plus haut est le Gard, avec 12,8 %. La Lozère affiche 4,9 %. 73 départements sur 95 ont un taux de chômage inférieur à celui de la Drôme.
Si l’on ajoute que 8249 de nos concitoyens sont au RMI, qu’un nombre difficilement déterminable travaille à temps partiel et que beaucoup ont un contrat de travail à durée déterminée, il est bien clair que les candidats aux fonctions électives dans les mois prochains vont avoir à se positionner sur ce problème qui reste le problème clé de la société française.
Toute déclaration d'auto-satisfaction sur la baisse apparente des taux de chômage est évidemment totalement hors de sens.
Disposer d’un logement décent, avoir accès à l’eau, à l’électricité et à un moyen de chauffage sûr devraient être des droits garantis à chaque citoyen dans un Etat moderne. Le vote d’une loi concernant un droit au logement " opposable ", n’est donc pas en soi une mauvaise initiative, bien au contraire.
On ne doit cependant pas oublier ce que disait le Président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, dans ses voeux pour 2005, lorsqu’il dénonçait les " lois émotives, molles ou jetables "
Une loi " émotive ", c’est un texte voté dans l’urgence d’un mouvement d’opinion publique qui réclame une solution à un problème qui la touche. Une fois l'émotion passée, si la loi a été adoptée, on s'aperçoit souvent que, prise hâtivement, elle a été mal écrite. Elle passe alors par le stade de la loi " molle " dont les décrets d’application ne paraissent que tardivement – ou jamais – pour finir comme loi " jetable ", jamais mise en œuvre et n’appartenant plus qu’à l’histoire de l’assemblée législative.
Le respect du droit au logement peut certes s’appuyer sur une loi. Il doit surtout s’appuyer sur une volonté des collectivités locales d’impulser et de soutenir des programmes de construction d’appartements accessibles à ceux qui éprouvent actuellement des difficultés à se loger.
A cet égard, le choix de la majorité municipale de favoriser à Valence l’habitat haut de gamme paraît bien incompatible avec la résolution du problème posé. On compte bien que le député – qui votera sans doute la loi en question si elle vient effectivement en débat – agisse au niveau local pour qu’on bâtisse dans notre ville autre chose que des immeubles à 4 000 euros le m2.
A l’automne dernier, la ville communiquait sur les places de stationnement gratuit qu’on pouvait trouver dans la Valence. Elle les chiffrait à 2 000. J’avais alors dénoncé le caractère trompeur de cette communication en annonçant que les projets de la majorité était de réduire fortement ce nombre en implantant de nouveaux horodateurs : + 50 % d’appareils en plus pour l’ensemble de la commune.
L’opération est commencée. Ce sont près de vingt nouvelles places ou rues du centre ville qu’on ne pourra plus fréquenter qu’en acquittant la dime !
Après l’augmentation des prix d’abonnement sur le parking Chareton (Riverains locataires de l’OPHLM : + 81,67 % ; Valentinois non locataires de l’OPHLM : + 6,24 % ; Non valentinois : + 16,38 %) et avant l’inévitable augmentation du prix du ticket de bus consécutive à la décision de la majorité municipale de faire payer un loyer au SISAV pour l’utilisation de l’espace public par les transports en commun, on voit bien quelle politique suit cette majorité.
Pour pouvoir afficher son slogan : hausse des taux d’imposition 0, elle taxe tous les usagers : les automobilistes par l’augmentation des stationnements payants et les usagers des transports en commun par l’augmentation à venir du prix des bus.
Ce que ne nous prend pas le percepteur, on nous oblige à la donner à la machine !
Nicolas DUPONT-AIGNAN, député UMP de l’Essonne, président du club " Debout la République " est un un homme honorable. Contre la majorité de son parti, ses convictions gaullistes et républicaines l’avaient conduit à militer pour le NON au référendum constitutionnel. Nicolas SARKOZY vient de l’interdire de prise de parole lors de son congrès d’investiture du 14 janvier où il voulait donner son point de vue et faire entendre une voie discordante. Conséquent, DUPONT-AIGNAN démissionne de l’UMP.
Le vice-président du club " Debout la République ", lui aussi député UMP, lui aussi défenseur du NON au référendum sur le projet de TCE, sera-t-il solidaire de son président ? Aura-t-il la même dignité que lui dans l’affirmation de ses convictions ? Nous fera-t-il la surprise d’une démission de l'UMP¨?
Nous le saurons dans les jours prochains, mais, sincèrement, je crains que nous n’ayons pas de surprise !
N.B Tout le monde sait que le vice-président de " Debout la République " est le député Patrick LABAUNE