Ce dont la vie politique a la plus besoin aujourd’hui, c’est de clarté.
La question clé qui est posée à tout ceux qui prétendent gérer, à quelque niveau que ce soit, les affaires publiques est la suivante : comment répartir la richesse collective produite par le travail de tous ?
Il y a ceux qui choisissent de rédistribuer principalement cette richesse sous forme d’allégement fiscal aux plus riches ou en dividendes aux détenteurs du capital. Il y a ceux qui choisissent de la redistribuer principalement en rémunérant mieux le travail ou en créant des services d’intérêt collectifs. Entre les deux, il n’y a pas de compromis possible. Il faut choisir.
L’enjeu des élections, quelles qu’elles soient, c’est toujours, de façon explicite ou non, le choix par les électeurs d’une des deux réponses appliquée à un terrain particulier : le pays, la région, le département ou la commune. La charge, noble, des hommes politiques est de présenter clairement les termes de l’alternative et de ne pas laisser croire que, par une sorte d’angélisme providentiel, les tenants des deux camps pourraient, en alliant leurs compétences trouver heureusement une position moyenne.
La réponse à la question n’est pas affaire de compétence. Il y a les libéraux et les anti-libéraux (au plan économique). Il y a la droite et il y a la gauche. Il faut choisir.
Dans les affaires humaines, rien n'est définitivement acquis, rien n'est définitivement impossible. "Jamais" et "toujours" sont des adverbes menteurs. Pour autant, dans l'affaire, oh combien humaine, en quoi consiste l'élaboration de listes de candidatures et l'écriture de programmes pour les élections municipales, il semble bien que, à Valence, une perspective se soit aujourd'hui fermée, celle de réussir à constituer une liste unique de la gauche. Avec le MRC, nous avons fait ce que nous pouvions pour atteindre ce résultat. A ce jour nous n'avons pas gagné. Nous le déplorons. La section valentinoise de mon parti vient de rendre public le communiqué suivant :
Pour gagner, la gauche doit se se présenter unie dans toute ses composantes, ouverte aux compétences de la société civile et porteuse d’un projet en rupture avec les treize ans de gestion de la ville par la droite.
C’est cette conviction qui a conduit le MRC, et cinq autres partis ou groupes de gauche, le 11 octobre dernier, à annoncer leur engagement commun pour construire, ensemble, une liste et un programme se référant aux valeurs de la gauche républicaine et laïque.
Les discussions, qui se sont depuis poursuivies pour élaborer cette liste, se sont heurtées à de sérieuses difficultés. En effet, le Parti Socaliste, principale force électorale à qui n’était pas contesté le rôle majeur dans l’union à construire, n’a pas souhaité être le fédérateur de toutes les sensibilités de la gauche. Il a clairement déclaré qu’il entendait limiter la présence sur la liste qu’il conduit à certains de ses partenaires de gauche seulement et annoncé qu’il souhaitait pratiquer " l’ouverture " au centre, voire à droite. Le MRC ne peut cautionner une telle opération.
Parce que nous entendons soutenir les valeurs et les convictions qui sont les nôtres dans cette élection municipale, c’est désormais dans un partenariat avec les Verts et, sans exclusive, avec tous les partis et groupes de gauche qui le souhaitent, que le MRC cherchera, dans les jours à venir, les voies pour proposer aux électeurs valentinois, lors du premier tour, une alternative de gauche, laïque, républicaine et écologiste.
sur le même sujet voir articles : 07.177, 07.166, 07.153, 07.151.
Lors du dernier conseil municipal, il a été voté deux lignes budgétaires concernant la participation de la ville aux dépenses des écoles privées. A cette occasion, nous avons pu apprendre que la ville de Valence est bien concernée par la mise en oeuvre du décret d'application de l'article 89 de la loi de décentralisation du 13 août 2004. Ce décret fait obligation aux communes de verser le forfait scolaire communal à l'école privée choisie par les parents, même si cette école est située dans un autre commune que la commune d'habitation .
Cette dépense est une dépense légale. Il n'est donc pas possible à un élu de la contester. Il reste cependant que, sur le fond, nous considérons qu'il s'agit là d'une grave entorse aux principes de bases de la laïcité. Que des fonds publics financent des établissements confessionnels revendiquant et assumant leur "caractère propre", est déjà contradictoire avec le principe de séparation des Eglises et de l'Etat. Mais qu'en plus, alors qu'il existe une offre scolaire conséquente dans la ville de résidence, la commune soit obligée de financer la scolarité d'une enfant dans une autre commune sans autre motif que le choix des parents qui n'ont, en aucun cas, à justifier leur décision, relève de la pure et simple provocation.
L'association des maires de France s'est d'ailleurs , en sont temps, ému des conditions d'application de cette obligation.
Le budget de la Ville de Valence finance ainsi la scolarité de 47 jeunes valentinois dans des écoles privées hors de Valence.
Les chiffres synthétisés qui ont été fournis en prélude au débat budgétaire sont une source de réflexion très intéressante. Après ce qui concerne le personnel, quelques autres constats.
Les taux d’imposition restent stables, mais les ressources fiscales de la ville, toutes taxes confondues, augmentent. De 774 € par habitant en 2004, elle passent à 819 € par habitants en 2006. Malgré leur stabilité depuis 1996, les taux moyens d’imposition sur les ménages restent supérieurs aux taux moyens nationaux. On paye plus d’impôts à Valence qu’ailleurs.
Les dotations de l’Etat à la ville augmentent : 505 € par habitant en 2004, 502€ en 2005, 557 € en 2006 .
Mais la ville distribue moins de subventions : 185 € par habitant en 2004, 182 € en 2005, 179 € en 2006. Elle fait payer plus cher les services qu’elle offre. Ces services : cantines, bibliothèque, crèche, musée… lui ont rapporté, en moyenne, 124 € par habitant en 2005 ; 138 € en 2006.
Conclusion : La ville reçoit plus en dotation et en impôt, elle donne moins en subventions, elle fait payer plus cher ses services, elle peut donc dégager des autofinancements pour l'opération boulevard.
Les valentinois y trouvent-ils leur compte ? Ce n’est pas sûr. Ce qui est, par contre, certain c’est qu’on pourrait trouver un meilleur équilibre entre les services directs à la population et les investissements.
La majorité municipale de Valence se plait à comparer ce qui serait ses vertus spécifiques et son excellence de gestion des affaires publiques aux " turpitudes " des autres. Lors du débat d’orientation budgétaire, elle vantait sa " vertu " et stigmatisait la " dilapidation de l’autofinancement par l’accroissement des charges de fonctionnement comme l’on fait le département et le Conseil régional."
Jugeons. La ville de Valence avait en 2005 une dette par habitant de 794 € par habitant, soit la moitié seulement de ce que les villes de même taille ont à assumer. Le département a une dette de 180 € par habitants soit….la moitié de la moyenne des départements.
La Ville dégage, en moyenne, 18 millions d’€ d’autofinancement par an ( Autofinancement = différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement qui permettent d’abonder les investissements).
Le département a accru son épargne de 10 millions d’€ l’an passé, pour la faire monter à 128 M€ tout en réduisant son endettement de 30M€ et en le ramenant à 83,M€ (En assurant 660 M€ d’investissement sur six ans)
Le discours de l’excellence ne vaut que par les preuves qui l’étayent.
La Ville n’apporte aucune preuve qu’elle est plus vertueuse et plus efficace que le département.